Vue rapprochée d'une baie de serveurs remplie de matériel informatique dans un centre de données.

Transport optique : le marché dépasse 18 milliards en 2026

La demande pour les infrastructures réseau, tirée par l’expansion des centres de données alimentés par l’intelligence artificielle, devrait propulser le marché des équipements de transport optique au-delà de 18 milliards de dollars de revenus manufacturiers en 2026, selon Dell’Oro Group. Cette prévision, qui affiche une croissance de 16 %, est le résultat d’une accélération observée au premier trimestre 2026, où le marché a connu une augmentation de 20 % par rapport à l’année précédente.

Jimmy Yu, vice-président de Dell’Oro Group, a précisé que cette révision à la hausse de la prévision globale de 10 % à 16 % s’explique par de solides résultats au premier trimestre. Il pointe d’ailleurs du doigt l’interconnexion des centres de données (DCI) dont les revenus directs ont progressé de 40 % en un an. Pourtant, ce même expert signale une tension : « de nombreux fournisseurs optiques clés notent un arriéré de commandes croissant alors que les délais de livraison continuent de s’allonger. Nous pensons que l’offre pourrait être le facteur principal qui empêche le taux de croissance du marché de monter encore plus cette année, en raison de tous les déploiements de centres de données IA. »

La compétition pour les infrastructures IA

La course à ces commandes massives met en lumière une compétition intense entre les grands noms du secteur. Huawei, Ciena, Nokia et Cisco Acacia figuraient parmi les quatre plus grands fournisseurs de systèmes de transport optique sur les quatre derniers trimestres jusqu’au deuxième trimestre 2026. Les besoins en composants haute capacité, notamment les optiques cohérentes de 400G et 800G, les systèmes DWDM et les solutions DCI, redessinent en profondeur cette industrie.

Les performances financières récentes confirment cette dynamique. Ciena a enregistré 1 191 millions de dollars de revenus pour son activité de réseaux optiques au troisième trimestre fiscal 2026, soit une hausse de 71,3 % par rapport à l’année précédente, et a même relevé ses prévisions de revenus pour l’exercice 2026 à 6 420 millions de dollars.

Chez Nokia, l’intégration d’Infinera renforce son portefeuille en matière de transmission sous-marine et de DCI. La société a vu ses revenus de réseaux optiques augmenter de 18 % au troisième trimestre 2026. Les ventes aux clients IA et cloud ont en effet bondi de 123 %, et Nokia a sécurisé 1 500 millions d’euros de nouveaux contrats dans ce segment durant le trimestre.

Illustration vectorielle abstraite montrant des flux de données convergents vers un nœud central.

Les architectures dédiées à l’ère de l’IA

Au-delà des chiffres de marché, les entreprises proposent des architectures dédiées à l’intelligence artificielle. Lors du MWC Barcelona 2026, Huawei a dévoilé une vision de « réseau cible tout-optique centré sur l’IA ». Cette stratégie entend améliorer la qualité de service en augmentant la bande passante, la fiabilité et en réduisant la latence. L’entreprise souligne, par exemple, l’extension du commutage optique jusqu’aux réseaux métropolitains pour permettre un calcul à l’échelle de la milliseconde requis par les services IA.

Cette focalisation sur la latence et la fiabilité n’est pas isolée. Huawei expose aussi des solutions d’automatisation intelligente pour l’exploitation et la maintenance (O&M), comme des agents capables de recommander des chemins de données optimisés selon les contraintes de latence et de fiabilité.

Parallèlement, Cisco, via sa technologie Acacia, soutient cette croissance en fournissant des solutions IP-over-DWDM et des optiques cohérentes capables de gérer les débits croissants, avec plus d’un milliard de dollars de commandes Acacia enregistrées au troisième trimestre fiscal 2026. Des opérateurs en Inde, comme Vodafone Idea, utilisent la technologie de Ciena pour démontrer la transmission de 1,6 Tbps sur un canal optique unique entre deux centres de données, attestant de la forte demande pour des connexions à très haute capacité en région Asie-Pacifique.

Sources

Crédits photo