La voix clonée par l’IA d’un proche ou d’un chef
Nouvelle Un escroc imite avec l’intelligence artificielle la voix (ou le visage) d’un proche ou d’un dirigeant pour réclamer de l’argent en urgence.
| Par où elle arrive | Téléphone, WhatsApp, Telegram… |
|---|---|
| Qui est visé | Tout le monde, Seniors, Entreprises |
| Ce que vous risquez | Perdre de l’argent, Vos données |
| Aussi appelée | deepfake vocal, hypertrucage audio, clonage de voix, voice cloning scam, faux appel de détresse |
Avec quelques secondes d’enregistrement, des logiciels d’intelligence artificielle peuvent imiter une voix. Les escrocs récupèrent ces extraits dans des vidéos ou des messages vocaux publiés sur les réseaux sociaux. Ils créent ensuite un appel ou un message audio qui semble venir de votre enfant, d’un parent ou de votre patron.
Le scénario est toujours une urgence : un accident, une arrestation, un problème à l’étranger, ou, en entreprise, un virement confidentiel à faire tout de suite. Le FBI décrit des criminels qui génèrent de courts clips audio de la voix d’un proche « en situation de crise » pour demander une aide financière immédiate ou une rançon. La CNIL et le ministère de l’Intérieur alertent aussi sur ces hypertrucages (deepfakes).
Cette arnaque marche parce que l’on fait confiance à une voix familière. La parade est simple : raccrochez et rappelez la personne sur le numéro que vous connaissez déjà.
Comment ça se passe
- L’escroc récupère des extraits de voix ou des vidéos publiés en ligne (réseaux sociaux, messages vocaux).
- Il utilise un logiciel d’IA pour fabriquer une fausse voix, parfois une fausse vidéo.
- Vous recevez un appel ou un message vocal : la voix ressemble à celle d’un proche ou d’un dirigeant.
- La personne raconte une situation grave et urgente et demande de l’argent tout de suite.
- On vous demande souvent de garder le secret et de payer par virement, cryptomonnaie ou cartes prépayées.
- Si vous hésitez, un complice peut prendre le relais (faux avocat, faux policier, faux directeur financier).
À quoi ça ressemble
- Urgence et forte émotion
- Demande de secret
- Un « avocat » inconnu qui va rappeler
- Paiement immédiat demandé
- Demande inhabituelle d’un dirigeant
- Confidentialité exigée
- Impossible de parler en direct
- Nouveau RIB envoyé par message
Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.
Les signes qui doivent alerter
- Un appel ou un vocal alarmant d’un proche ou d’un supérieur, avec une demande d’argent immédiate.
- On vous demande de garder le secret.
- Le numéro est inconnu, masqué, ou la personne dit qu’elle ne peut pas être rappelée.
- Paiement demandé par virement vers un compte inconnu, cryptomonnaie ou cartes prépayées.
- La voix manque de naturel : peu d’hésitations, ton monotone, réponses à côté.
- Sur une vidéo : lèvres mal synchronisées, visage flou ou mouvements étranges.
Comment vous protéger
- Ne vous fiez jamais à une voix seule : raccrochez et rappelez la personne sur son numéro habituel.
- Convenez en famille d’un mot de passe secret à demander en cas d’appel d’urgence.
- Si vous ne joignez pas la personne, appelez un autre proche ou un ami.
- Limitez les vidéos et messages vocaux publics ; passez vos comptes en privé.
- En entreprise, vérifiez toute demande de virement inhabituelle par un second canal, avec une procédure écrite.
- N’envoyez jamais d’argent, de codes ou de cryptomonnaie sous la pression.
Vous êtes victime ?
Tout de suite
- Contactez votre banque immédiatement pour tenter de bloquer ou de rappeler le virement.
- Si vous avez donné vos numéros de carte, faites opposition.
- Prévenez la personne dont la voix a été imitée, et vos proches.
Ensuite
- Gardez les preuves : enregistrement ou message vocal, numéro, captures d’écran, références du paiement.
- Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur.
- Signalez la tentative sur internet-signalement.gouv.fr et faites-vous accompagner via 17Cyber.
- Si votre voix ou votre visage a été utilisé sans accord, vous pouvez aussi saisir la CNIL (cela ne remplace pas la plainte).
- France Victimes (116 006) peut vous accompagner gratuitement.
Vos droits
Un virement que vous avez vous-même validé est en principe considéré comme autorisé : le remboursement n’est pas automatique (les articles L133-18 et L133-19 du Code monétaire et financier concernent les opérations non autorisées). Demandez sans délai à votre banque de rappeler les fonds.
Qui contacter
Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.
Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)
Bloque immédiatement votre carte bancaire (perte, vol, fraude). Vous recevez un numéro d’enregistrement qui date votre opposition : gardez-le.
0 892 705 705 (numéro majoré : coût d’un appel vers un fixe + service payant) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31324 ↗
Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.
17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗
Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.
Plateforme du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites publics sur internet : mise en danger des personnes, terrorisme, menaces, pédocriminalité, haine, traite des êtres humains, trafics, cruauté envers les animaux, escroquerie en ligne.
Autorité de protection des données personnelles. Elle reçoit les plaintes (données non supprimées, démarchage qui continue après opposition, publication non retirée) et aide à faire retirer des contenus qui usurpent votre identité.
Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.
Arnaques du même type
Sources
- Criminals Use Generative Artificial Intelligence to Facilitate Financial Fraud (PSA I-120324-PSA) — FBI IC3 (2024-12-03)
- Les arnaques utilisant l’intelligence artificielle (IA) — Ma Sécurité – Ministère de l’Intérieur (2026-02-11)
- Hypertrucage (deepfake) : comment se protéger et signaler les contenus illicites ? — CNIL
- Scammers use AI to enhance their family emergency schemes — FTC (2023-03-20)
Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.
Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.
Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).