L’arnaque sentimentale
Occasionnelle Un faux prétendant rencontré en ligne vous séduit pendant des semaines, puis vous demande de l’argent pour des urgences ou vous pousse à « investir ».
| Par où elle arrive | Réseaux sociaux, WhatsApp, Telegram…, Site web, Téléphone |
|---|---|
| Qui est visé | Tout le monde, Seniors |
| Ce que vous risquez | Perdre de l’argent, Coordonnées bancaires, Vos données |
| Aussi appelée | arnaque aux sentiments, arnaque à la romance, brouteur, romance scam, pig butchering |
L’arnaque commence souvent sur un site de rencontre ou un réseau social. Une personne vous aborde, se montre attentionnée et exprime vite des sentiments forts. Les échanges deviennent quotidiens. Puis viennent les demandes d’argent : frais médicaux, problème administratif, billet d’avion pour enfin vous rencontrer…
Selon Cybermalveillance.gouv.fr, l’escroc (souvent appelé « brouteur ») met la victime sous emprise affective. Les sommes demandées augmentent jusqu’à ce que la victime ne puisse plus payer. Dans une variante, il pousse la victime à investir dans de faux placements (« pig butchering »). S’il essuie un refus, il peut tenter un chantage avec des photos intimes.
Le signe le plus net : la relation reste uniquement en ligne. L’escroc trouve toujours une excuse pour ne pas vous rencontrer. Les demandes d’assistance restent peu nombreuses, mais les pertes peuvent être très lourdes.
Comment ça se passe
- Un inconnu vous contacte sur un site de rencontre, un réseau social ou une messagerie.
- Il se montre très attentionné et déclare vite des sentiments forts.
- Il vous propose de poursuivre sur une autre messagerie, plus discrète.
- Après quelques semaines, il raconte une urgence (santé, douane, frais de voyage) et demande de l’argent.
- Il peut aussi vous pousser vers un placement « sûr » sur une plateforme qu’il vous recommande.
- Les demandes se répètent et augmentent ; la rencontre est toujours repoussée.
- Si vous refusez, il peut se fâcher, vous culpabiliser ou menacer de diffuser des images intimes.
À quoi ça ressemble
- Jamais rencontré en vrai
- Urgence qui empêche encore la rencontre
- Demande d’argent avec promesse de remboursement
- Flatterie et pression affective
- Mélange romance et placement
- Gains trop beaux
- Site inconnu recommandé par le prétendant
Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.
Les signes qui doivent alerter
- La personne déclare très vite des sentiments très forts.
- Elle ne peut jamais vous voir en vrai ni faire de visio claire, il y a toujours une excuse.
- Elle vous demande de quitter le site de rencontre pour une messagerie privée.
- Elle raconte des urgences qui nécessitent de l’argent.
- Elle vous conseille un placement ou une plateforme d’investissement.
- Elle vous demande de garder la relation secrète ou vous éloigne de vos proches.
- Ses photos semblent trop parfaites ou apparaissent ailleurs sur internet.
Comment vous protéger
- N’envoyez jamais d’argent à quelqu’un que vous n’avez connu qu’en ligne.
- Faites une recherche inversée des photos de profil sur un moteur de recherche.
- Demandez l’avis d’un proche de confiance.
- N’envoyez pas de photos ou vidéos intimes à un contact virtuel.
- Méfiez-vous si la rencontre est sans cesse repoussée.
- Limitez les informations personnelles visibles sur vos profils.
Vous êtes victime ?
Tout de suite
- Arrêtez tout contact, même si la personne devient menaçante.
- Si vous avez donné des informations bancaires, prévenez votre banque et surveillez vos comptes.
- Ne payez plus rien, même pour « récupérer » votre argent.
Ensuite
- Gardez les preuves : profils, numéros, messages, reçus de virement.
- Portez plainte en ligne sur THESEE, ou au commissariat, à la gendarmerie, ou par écrit au procureur.
- Signalez le profil au site ou à l’application où vous avez été contacté.
- Faites-vous aider gratuitement par France Victimes (116 006).
- Demandez conseil sur 17Cyber (17cyber.gouv.fr).
- Si des images intimes sont en jeu, suivez aussi les conseils de la fiche sextorsion.
Vos droits
Les sommes versées volontairement à l’escroc sont en principe considérées comme des paiements autorisés : il n’y a pas de remboursement automatique. Contactez votre banque au plus vite pour tenter un rappel de virement. Les faits peuvent constituer une escroquerie (art. 313-1 du Code pénal) et, selon les cas, un abus de faiblesse (art. 223-15-2).
Qui contacter
Téléservice du ministère de l’Intérieur pour déposer plainte ou faire un signalement en ligne pour une e-escroquerie. Après validation, vous êtes informé des suites, des aides possibles et de l’arrestation éventuelle de l’auteur.
Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.
17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗
Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.
Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)
Le réseau social, la messagerie, le site de petites annonces ou la marketplace où l’arnaque a eu lieu. Il doit proposer un moyen de signaler un contenu illicite et peut aider à récupérer un compte.
Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.
Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.
Plateforme du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites publics sur internet : mise en danger des personnes, terrorisme, menaces, pédocriminalité, haine, traite des êtres humains, trafics, cruauté envers les animaux, escroquerie en ligne.
Arnaques du même type
Sources
- Comment réagir en cas d’escroquerie sentimentale ? — Cybermalveillance.gouv.fr (2026-10-28)
- Particuliers : quelles sont les cybermalveillances les plus fréquentes en 2024 ? — Cybermalveillance.gouv.fr (2025-06-30)
- Criminals Use Generative Artificial Intelligence to Facilitate Financial Fraud (PSA I-120324-PSA) — FBI IC3 (2024-12-03)
Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.
Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.
Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).