Les faux placements et faux livrets

Très fréquente De faux conseillers, souvent au nom d’une vraie banque ou société, vous proposent un livret ou un placement très rémunérateur et sans risque : l’argent n’est jamais investi.

Par où elle arrivePublicité en ligne, Réseaux sociaux, Site web, Téléphone, E-mail, WhatsApp, Telegram…
Qui est viséÉpargnants, Seniors, Tout le monde
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Usurpation d’identité, Vos données
Aussi appeléefaux livret d’épargne, arnaque au placement financier, usurpation de banque, faux conseiller en investissement

Vous cherchez un placement en ligne, ou une publicité vous promet un « livret à 6 % garanti ». Vous remplissez un formulaire. Un conseiller très aimable vous rappelle. Il se présente souvent au nom d’une vraie banque, d’un vrai assureur ou d’une vraie société de gestion, avec des documents et un site très professionnels. Livrets d’épargne, actions, chambres d’Ehpad, places de parking, Forex : l’offre change, le piège reste le même.

Au début, un petit placement semble rapporter vite, ce qui pousse à verser davantage. Quand les sommes deviennent importantes ou que vous voulez récupérer votre argent, on vous réclame des « taxes » ou des frais, puis le conseiller devient injoignable et le site disparaît. Le préjudice est souvent très lourd : selon l’ACPR, les faux livrets étaient l’arnaque la plus coûteuse par victime, avec une perte moyenne de 69 000 € sur les trois premiers trimestres de 2024.

Cybermalveillance.gouv.fr a noté une hausse de 277 % des faux placements chez les particuliers en 2025, avec des appâts sur les réseaux sociaux et des groupes WhatsApp « d’investisseurs ». L’AMF et l’ACPR ont ajouté plus de 1 300 noms à leurs listes noires en 2025 et s’inquiètent de la multiplication des usurpations d’identité.

Comment ça se passe

  1. Une publicité, un comparateur, un réseau social ou un groupe WhatsApp vous attire avec un rendement élevé.
  2. Vous laissez vos coordonnées et un « conseiller » vous rappelle.
  3. Il se présente au nom d’un établissement connu et vous envoie des documents d’apparence sérieuse.
  4. Un premier versement semble rapporter rapidement.
  5. Vous êtes encouragé à verser des sommes plus importantes.
  6. Pour retirer votre argent, on vous demande des « frais » ou des « taxes ».
  7. Le contact coupe, le site disparaît.

À quoi ça ressemble

Publicité en ligneLivret Premium Sérénité : 6,5 % net garanti, capital 100 % protégé, sans frais. Offre réservée aux 200 premiers inscrits. Simulez vos gains : https://livret-premium-serenite.example
Ce qui doit vous alerter :
  • Rendement très élevé et « garanti »
  • Offre limitée pour vous presser
  • Site inconnu qui n’est pas celui d’une banque agréée
  • Aucun placement n’est à la fois très rémunérateur et sans risque
Téléphone« Je suis votre conseiller patrimonial, je vous appelle suite à votre demande en ligne. Ce compte à terme est réservé à nos meilleurs clients : 7 % par an, garanti par l’État. Il me faut juste une copie de votre pièce d’identité et un premier virement de 10 000 € aujourd’hui pour bloquer le taux. »
Ce qui doit vous alerter :
  • Promesse de garantie de l’État
  • Demande de pièce d’identité
  • Virement le jour même
  • Établissement à vérifier sur les registres officiels

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Un rendement élevé présenté comme sans risque
  • Une offre « réservée » ou limitée dans le temps
  • Un interlocuteur que vous ne pouvez pas identifier qui vous presse
  • Un virement vers un compte à l’étranger ou au nom d’une autre société
  • On vous demande de payer des frais ou des taxes pour récupérer vos gains
  • On vous demande d’installer une application ou de donner votre carte
  • Le contact passe par WhatsApp ou un groupe « d’investisseurs »

Comment vous protéger

  • Vérifiez que la société est autorisée (registres Regafi et ORIAS) et qu’elle n’est pas sur les listes noires de l’AMF et de l’ACPR.
  • Méfiez-vous des usurpations : recontactez vous-même l’établissement avec des coordonnées trouvées sur son site officiel.
  • Prenez le temps, demandez une documentation complète et lisez-la avant de signer.
  • Ne virez jamais d’argent vers un compte qui n’est pas au nom de l’établissement.
  • Méfiez-vous des publicités et des « conseils » sur les réseaux sociaux.
  • En cas de doute, appelez AMF Épargne Info Service ou Assurance Banque Épargne Info Service.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Arrêtez tout contact et tout versement.
  2. Si vous venez de faire un virement, appelez votre banque pour tenter de l’arrêter.
  3. Si vous avez transmis une pièce d’identité, surveillez une éventuelle usurpation d’identité.

Ensuite

  1. Gardez toutes les preuves : publicité, messages, contrats, ordres de virement, relevés.
  2. Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur.
  3. Signalez l’offre à l’AMF (placements, crypto) ou à ABE Info Service (livrets, assurance-vie).
  4. Faites-vous accompagner par France Victimes (116 006), un avocat ou une association de consommateurs.
  5. Méfiez-vous des sociétés qui vous proposent ensuite de « récupérer » vos fonds : c’est souvent une nouvelle arnaque.

Vos droits

Les virements que vous avez faits vous-même vers les escrocs sont considérés comme autorisés : il n’existe pas de droit automatique au remboursement par la banque. La banque peut seulement tenter de bloquer ou rappeler un virement récent. La seule voie de récupération passe par la plainte et la justice ; un avocat peut évaluer d’autres recours.

Qui contacter

AMF Epargne Info Service

Service de l’Autorité des marchés financiers qui répond aux questions sur les placements financiers, les intermédiaires et les possibles arnaques à l’investissement (avant d’investir ou après). Il ne donne pas de conseil en investissement.

01 53 45 62 00 (+33 1 53 45 62 00), prix d’un appel local amf-france.org/fr/espace-epargnants/lamf-et-vous/epargne-info-service ↗

Assurance Banque Épargne Info Service (ABE IS)

Service commun de l’ACPR, de l’AMF et de la Banque de France qui informe sur les produits bancaires (comptes, crédit, livrets), l’assurance et l’épargne, et vérifie si un organisme est autorisé.

34 14 (numéro unique de la Banque de France pour les particuliers ; prix d’un appel local, non surtaxé) abe-infoservice.fr ↗

Votre banque

Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.

Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

France Victimes – 116 006

Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.

116 006 (service et appel gratuits) france-victimes.fr ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

SignalConso

Service public gratuit de la DGCCRF pour signaler un problème avec une entreprise (achat en magasin ou sur internet, démarchage abusif…). Le signalement est transmis à l’entreprise et la répression des fraudes intervient si nécessaire.

signal.conso.gouv.fr ↗

Usurpation d’identité : démarches officielles

Les étapes officielles quand quelqu’un utilise vos données ou vos papiers : main courante en cas de soupçon, plainte dès qu’un acte est fait à votre nom, alerte des banques et administrations, vérification des fichiers FICOBA, FCC et FICP.

34 14 (Banque de France, pour vérifier votre inscription au FCC ou au FICP ; prix d’un appel local) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37944 ↗

REGAFI et ORIAS : vérifier qu’une société est autorisée

Les registres officiels des établissements financiers autorisés (REGAFI, tenu par la Banque de France et l’ACPR) et des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS). Une société absente de ces registres ne peut pas vous proposer de placement ou de crédit.

regafi.fr ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

Saurez-vous la repérer ? Faites le quiz « Arnaque ou pas ? »

Dans l’actualité

Arnaques du même type

Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).