L’arnaque à la récupération de fonds

Occasionnelle Après une première escroquerie, de faux avocats, enquêteurs ou « experts blockchain » promettent de récupérer votre argent contre des frais : c’est une deuxième arnaque.

Par où elle arriveTéléphone, E-mail, WhatsApp, Telegram…, Réseaux sociaux, Site web
Qui est viséÉpargnants, Seniors
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Usurpation d’identité, Vos données
Aussi appeléearnaque sur arnaque, recovery scam, faux avocat, faux enquêteur AMF, faux cabinet de recouvrement

Vous avez déjà perdu de l’argent dans un faux placement ou sur une fausse plateforme crypto. Quelques semaines plus tard, quelqu’un vous contacte : un « avocat spécialisé », un « enquêteur de l’AMF », une « agence de recouvrement » ou un « ingénieur blockchain ». Il connaît les détails de vos virements et affirme pouvoir récupérer vos fonds. Il suffit de payer des frais de dossier, une caution ou une « taxe ».

C’est ce que les autorités appellent l’« arnaque sur arnaque ». Les escrocs, souvent les mêmes ou leurs complices, utilisent les données de leurs victimes. Ils peuvent afficher le vrai numéro du standard de l’AMF (usurpation de numéro), utiliser le nom d’un vrai cabinet d’avocats ou créer de faux documents officiels. L’AMF a signalé une cinquantaine de signalements de faux « enquêteurs AMF » en quelques semaines début 2023, et le FBI a émis plusieurs alertes sur de faux cabinets d’avocats visant les victimes de crypto-arnaques.

À retenir : l’AMF, l’ACPR, la police ou une autorité ne vous demanderont jamais d’argent pour récupérer vos fonds. L’AMF n’a pas le pouvoir de récupérer l’argent des épargnants : seule la justice peut intervenir.

Comment ça se passe

  1. Après une première arnaque, vos coordonnées circulent entre escrocs.
  2. Un faux avocat, enquêteur ou agent d’une autorité vous contacte et cite vos pertes avec précision.
  3. Il promet de récupérer votre argent, parfois « directement sur la blockchain ».
  4. Il vous demande des frais de dossier, une caution, une taxe ou une vérification d’identité payante.
  5. Il vous envoie de faux documents officiels pour vous rassurer.
  6. Après chaque paiement, de nouveaux frais apparaissent, puis il disparaît.

À quoi ça ressemble

E-mailObjet : Dossier n° FR-2026-44871 – Restitution de vos avoirs. Madame, notre cabinet, mandaté dans le cadre d’une procédure internationale, a identifié et gelé 37 600 € vous appartenant. Pour lancer la restitution, merci de régler les frais de procédure de 1 950 € sous 5 jours. Maître L. Bernard, cabinet partenaire des autorités financières.
Ce qui doit vous alerter :
  • Contact non sollicité qui connaît vos pertes
  • Frais à payer avant de récupérer l’argent
  • « Partenaire des autorités » : aucune autorité n’a de partenaire de ce type
  • Délai court
Téléphone« Bonjour, ici l’enquêteur Durand, de la cellule fraude de l’autorité des marchés. Votre nom figure sur la liste des victimes indemnisables. Pour débloquer votre indemnisation, il faut d’abord payer une taxe de 8 % par virement. »
Ce qui doit vous alerter :
  • Faux agent d’une autorité
  • Le numéro affiché peut être usurpé
  • On vous demande de payer pour être indemnisé
  • L’AMF ne contacte jamais les épargnants pour récupérer des fonds

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Un contact inattendu qui propose de récupérer de l’argent perdu
  • Il connaît les détails de votre première arnaque
  • Il demande des frais, une caution ou une taxe à l’avance
  • Il se dit mandaté par une autorité ou « partenaire » d’un organisme public
  • Il veut être payé en cryptomonnaie, par carte prépayée ou vers un compte étranger
  • Il refuse un appel vidéo ou ne peut pas prouver son inscription au barreau
  • Il vous fait rejoindre un groupe WhatsApp avec de faux « banquiers » ou « avocats »

Comment vous protéger

  • Ne payez jamais pour récupérer de l’argent perdu dans une arnaque.
  • Retenez que l’AMF ne contacte jamais les épargnants pour récupérer des fonds et n’offre pas ce service.
  • Vérifiez qu’un avocat existe dans l’annuaire officiel du Conseil national des barreaux, puis rappelez le cabinet avec des coordonnées trouvées vous-même.
  • Ne vous fiez pas au numéro affiché : il peut être usurpé.
  • Ne communiquez ni pièce d’identité ni RIB à un interlocuteur que vous n’avez pas vérifié.
  • Passez par la plainte : seule la justice peut agir pour récupérer des fonds.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Coupez le contact et ne versez plus rien.
  2. Prévenez votre banque si vous venez de faire un virement.
  3. Si vous avez transmis une pièce d’identité, surveillez une possible usurpation d’identité.

Ensuite

  1. Gardez toutes les preuves : courriels, faux documents, numéros, preuves de paiement.
  2. Signalez la tentative à l’AMF Épargne Info Service, de préférence par le formulaire en ligne.
  3. Portez plainte, en y joignant la première escroquerie si ce n’est pas déjà fait.
  4. Faites-vous accompagner gratuitement par France Victimes (116 006).
  5. Prévenez le cabinet ou l’organisme dont le nom a été usurpé.

Vos droits

Les sommes versées de vous-même aux faux récupérateurs sont considérées comme des paiements autorisés : aucun remboursement automatique par la banque. La justice reste la seule voie pour tenter de récupérer des fonds ; l’AMF rappelle qu’elle n’a pas ce pouvoir.

Qui contacter

AMF Epargne Info Service

Service de l’Autorité des marchés financiers qui répond aux questions sur les placements financiers, les intermédiaires et les possibles arnaques à l’investissement (avant d’investir ou après). Il ne donne pas de conseil en investissement.

01 53 45 62 00 (+33 1 53 45 62 00), prix d’un appel local amf-france.org/fr/espace-epargnants/lamf-et-vous/epargne-info-service ↗

Assurance Banque Épargne Info Service (ABE IS)

Service commun de l’ACPR, de l’AMF et de la Banque de France qui informe sur les produits bancaires (comptes, crédit, livrets), l’assurance et l’épargne, et vérifie si un organisme est autorisé.

34 14 (numéro unique de la Banque de France pour les particuliers ; prix d’un appel local, non surtaxé) abe-infoservice.fr ↗

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

France Victimes – 116 006

Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.

116 006 (service et appel gratuits) france-victimes.fr ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

Votre banque

Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.

Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)

Usurpation d’identité : démarches officielles

Les étapes officielles quand quelqu’un utilise vos données ou vos papiers : main courante en cas de soupçon, plainte dès qu’un acte est fait à votre nom, alerte des banques et administrations, vérification des fichiers FICOBA, FCC et FICP.

34 14 (Banque de France, pour vérifier votre inscription au FCC ou au FICP ; prix d’un appel local) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37944 ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

Saurez-vous la repérer ? Faites le quiz « Arnaque ou pas ? »

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Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).