La fausse plateforme crypto (et l’arnaque sentimentale à l’investissement)

Fréquente Une personne rencontrée en ligne, ou une fausse publicité avec une célébrité, vous pousse à investir sur une plateforme crypto truquée qui affiche de faux gains.

Par où elle arriveRéseaux sociaux, WhatsApp, Telegram…, Publicité en ligne, Site web
Qui est viséÉpargnants, Tout le monde, Seniors
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Usurpation d’identité, Un appareil infecté
Aussi appeléepig butchering, arnaque crypto, fausse plateforme de trading, romance crypto, faux trading

Tout commence par un message anodin : une erreur de numéro sur WhatsApp, un « match » sur une appli de rencontre, un nouveau contact sur un réseau social. Ou par une publicité où une célébrité semble vanter une méthode pour s’enrichir. La personne gagne votre confiance, parfois pendant des semaines, puis vous parle de ses gains en cryptomonnaies et vous guide vers « sa » plateforme ou application.

La plateforme affiche des gains impressionnants. Un petit retrait fonctionne parfois, pour vous rassurer. Vous investissez davantage. Le jour où vous voulez tout récupérer, on vous réclame un « impôt sur les plus-values » ou des frais de déblocage. Puis tout s’arrête : compte bloqué, site fermé, contact disparu. Les autorités américaines appellent cette technique pig butchering (« engraisser le cochon avant de l’abattre »).

Cybermalveillance.gouv.fr signale en 2025 des escroqueries aux cryptomonnaies avec des « systèmes de fructification frauduleux ». Le Parquet de Paris, l’AMF, l’ACPR et la DGCCRF relèvent de nombreuses arnaques aux crypto-actifs depuis le second semestre 2023, avec de fausses vidéos de célébrités, parfois générées par intelligence artificielle.

Comment ça se passe

  1. Un inconnu vous contacte (faux numéro, appli de rencontre, réseau social) ou une fausse publicité vous attire.
  2. Il gagne votre confiance et parle de ses gains en cryptomonnaies.
  3. Il vous fait ouvrir un compte sur une plateforme ou une application qu’il recommande.
  4. La plateforme affiche des gains fictifs ; un premier petit retrait peut fonctionner.
  5. Vous versez des sommes de plus en plus importantes, parfois en empruntant.
  6. Pour retirer, on exige des taxes ou des frais.
  7. La plateforme bloque votre compte et votre contact disparaît.

À quoi ça ressemble

WhatsApp, Telegram…« Oh pardon, je pensais écrire à mon ami Thomas ! … Ravie de faire votre connaissance quand même. Je vis entre Lyon et Singapour, je fais un peu de trading crypto avec mon oncle, il a une méthode qui me rapporte environ 15 % par semaine. Si vous voulez, je peux vous montrer sur l’application. »
Ce qui doit vous alerter :
  • Contact « par erreur » d’un inconnu
  • Rendement irréaliste
  • Proposition de vous guider sur une application inconnue
  • La relation sert à vous mettre en confiance
Site webVotre solde : 48 920 USDT. Retrait impossible : vous devez d’abord régler la taxe sur les plus-values (20 %, soit 9 784 USDT) sur l’adresse de dépôt ci-dessous.
Ce qui doit vous alerter :
  • On vous demande de payer pour récupérer votre argent
  • Une vraie plateforme prélève les frais sur le solde
  • Les impôts ne se paient jamais à une plateforme

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Un inconnu sympathique qui vous parle vite d’investissement
  • Des gains rapides et garantis
  • Une plateforme ou une application que vous ne trouvez pas dans les listes officielles
  • Une publicité avec une célébrité qui recommande un placement
  • On vous demande de payer pour retirer vos gains
  • On vous pousse à emprunter ou à investir toutes vos économies
  • On vous demande d’installer un logiciel de prise en main à distance

Comment vous protéger

  • N’investissez jamais sur les conseils d’une personne rencontrée en ligne.
  • Vérifiez que la plateforme est autorisée (liste blanche des prestataires crypto, registre Regafi) et absente des listes noires de l’AMF.
  • Aucune société sérieuse ne garantit un rendement en crypto-actifs.
  • Méfiez-vous des publicités utilisant des personnalités : elles sont souvent fausses.
  • N’installez pas d’application d’investissement sur la recommandation d’un inconnu.
  • Parlez-en à un proche avant tout versement important.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Arrêtez tout versement, même si on vous promet de débloquer vos fonds.
  2. Prévenez votre banque pour tenter de bloquer les virements récents.
  3. Si un logiciel de prise en main à distance a été installé, désinstallez-le et changez vos mots de passe.

Ensuite

  1. Gardez les preuves : conversations, adresses de portefeuilles, identifiants de transactions, captures du site.
  2. Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur.
  3. Signalez la plateforme à l’AMF Épargne Info Service et le site sur Pharos.
  4. Faites-vous accompagner par France Victimes (116 006).
  5. Ne répondez pas aux offres de « récupération de fonds » qui suivront : c’est une deuxième arnaque.

Vos droits

Les virements et achats de cryptomonnaies que vous avez faits vous-même sont considérés comme autorisés : la banque n’a pas d’obligation automatique de les rembourser. Les crypto-actifs ne sont pas couverts par le fonds de garantie des dépôts. Avec une plateforme illégale, le recours principal est la plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.

Qui contacter

AMF Epargne Info Service

Service de l’Autorité des marchés financiers qui répond aux questions sur les placements financiers, les intermédiaires et les possibles arnaques à l’investissement (avant d’investir ou après). Il ne donne pas de conseil en investissement.

01 53 45 62 00 (+33 1 53 45 62 00), prix d’un appel local amf-france.org/fr/espace-epargnants/lamf-et-vous/epargne-info-service ↗

Votre banque

Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.

Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

PHAROS (internet-signalement.gouv.fr)

Plateforme du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites publics sur internet : mise en danger des personnes, terrorisme, menaces, pédocriminalité, haine, traite des êtres humains, trafics, cruauté envers les animaux, escroquerie en ligne.

internet-signalement.gouv.fr ↗

France Victimes – 116 006

Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.

116 006 (service et appel gratuits) france-victimes.fr ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

REGAFI et ORIAS : vérifier qu’une société est autorisée

Les registres officiels des établissements financiers autorisés (REGAFI, tenu par la Banque de France et l’ACPR) et des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS). Une société absente de ces registres ne peut pas vous proposer de placement ou de crédit.

regafi.fr ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

Saurez-vous la repérer ? Faites le quiz « Arnaque ou pas ? »

Dans l’actualité

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Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).