La fausse convocation de la police ou de la gendarmerie

Très fréquente Un faux e-mail de la police, de la gendarmerie ou d’Europol vous accuse d’infractions sexuelles sur mineurs et exige une réponse sous 72 heures, puis vos papiers et de l’argent.

Par où elle arriveE-mail, WhatsApp, Telegram…
Qui est viséTout le monde
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Usurpation d’identité
Aussi appeléeescroquerie à l’infraction pédopornographique, faux mail brigade des mineurs, fausse convocation judiciaire, faux e-mail Europol, fake police summons

Vous recevez un courriel, souvent avec un document officiel en pièce jointe, logos et signatures à l’appui. Il prétend venir de la Police nationale, de la Gendarmerie, de la « Brigade de protection des mineurs », de la Justice ou d’Europol. Il vous accuse d’infractions graves (pédopornographie, exhibitionnisme…), parle d’une enquête de « cyber-infiltration », d’un mandat d’arrêt et d’une diffusion dans les médias si vous ne répondez pas sous 72 heures.

C’est une escroquerie. Cybermalveillance.gouv.fr observe ces campagnes en permanence depuis l’été 2020, et son rapport 2025 les dit « toujours omniprésentes ». Les escrocs jouent sur la peur, la honte et la culpabilité. De plus en plus, ils demandent dès le premier message des copies de pièces d’identité, pour voler votre identité, avant de réclamer de l’argent pour « classer l’affaire ». Depuis 2025, certaines campagnes arrivent aussi par WhatsApp.

Les forces de l’ordre ne préviennent jamais par e-mail une personne soupçonnée de ce type de faits. Europol rappelle qu’il ne vous appellera, ne vous écrira ni ne vous enverra jamais d’e-mail. Si vous ne répondez pas, il ne se passera rien.

Comment ça se passe

  1. Vous recevez un e-mail (ou un message WhatsApp) avec une « convocation » en pièce jointe, logos officiels et nom d’un vrai responsable.
  2. Le texte vous accuse d’infractions sexuelles sur mineurs, preuves « recueillies par cyber-infiltration » à l’appui.
  3. Il cite parfois une fausse adresse IP et menace d’arrestation, de fichage et de médiatisation.
  4. On vous demande de répondre sous 72 heures à une adresse e-mail qui n’est pas officielle.
  5. Si vous répondez, on vous réclame d’abord des copies de vos papiers d’identité.
  6. Puis on exige une « amende » ou des frais pour abandonner les poursuites.

À quoi ça ressemble

E-mailObjet : CONVOCATION – Dossier n° 2026/BPM/4471. Madame, Monsieur, suite à une saisie informatique réalisée par notre unité de cyber-infiltration, vous faites l’objet de poursuites pour des faits graves impliquant des mineurs. Vous disposez de 72 heures pour transmettre vos justifications et une copie de votre pièce d’identité à [email protected]. Passé ce délai, un mandat d’arrêt sera délivré et votre dossier sera transmis aux médias.
Ce qui doit vous alerter :
  • Adresse e-mail qui ne finit pas par interieur.gouv.fr
  • Accusation grave par simple e-mail
  • Délai de 72 heures
  • Demande de pièce d’identité
  • Menace de médiatisation

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Une accusation grave reçue par e-mail ou messagerie, sans contact préalable.
  • Un délai très court (72 heures) et des menaces d’arrestation ou de médiatisation.
  • Une adresse d’expéditeur ou de réponse qui n’utilise pas un domaine officiel (par exemple @interieur.gouv.fr).
  • Une adresse IP « relevée » incohérente ou impossible.
  • Des fautes d’orthographe, un vocabulaire juridique mal employé.
  • On vous demande vos papiers d’identité ou de payer pour « classer le dossier ».

Comment vous protéger

  • Retenez que la police et la gendarmerie n’envoient pas ce type de convocation par e-mail aux suspects.
  • Ne répondez pas : une réponse confirme que votre adresse est active.
  • N’ouvrez pas les pièces jointes et ne cliquez pas sur les liens.
  • N’envoyez jamais de copie de pièce d’identité à une adresse non vérifiée.
  • En cas de doute, appelez vous-même votre commissariat ou votre brigade en cherchant leur numéro officiel.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Ne paniquez pas et ne répondez plus.
  2. Si vous avez payé, contactez votre banque immédiatement pour tenter d’annuler le paiement.
  3. Si vous avez envoyé une pièce d’identité, suivez les démarches contre l’usurpation d’identité et surveillez vos comptes.

Ensuite

  1. Gardez le message et tous les échanges comme preuves.
  2. Signalez le message sur internet-signalement.gouv.fr (Pharos).
  3. Si vous avez payé ou envoyé vos papiers, portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur.
  4. Faites-vous aider gratuitement par France Victimes (116 006) et conseiller sur 17Cyber (17cyber.gouv.fr).

Vos droits

Un paiement que vous avez vous-même effectué est en principe considéré comme autorisé : le remboursement n’est pas automatique. Contactez votre banque au plus vite ; certaines exigent une preuve de dépôt de plainte pour étudier votre demande. Les faits constituent une escroquerie (art. 313-1 du Code pénal).

Qui contacter

PHAROS (internet-signalement.gouv.fr)

Plateforme du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites publics sur internet : mise en danger des personnes, terrorisme, menaces, pédocriminalité, haine, traite des êtres humains, trafics, cruauté envers les animaux, escroquerie en ligne.

internet-signalement.gouv.fr ↗

Votre banque

Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.

Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

Usurpation d’identité : démarches officielles

Les étapes officielles quand quelqu’un utilise vos données ou vos papiers : main courante en cas de soupçon, plainte dès qu’un acte est fait à votre nom, alerte des banques et administrations, vérification des fichiers FICOBA, FCC et FICP.

34 14 (Banque de France, pour vérifier votre inscription au FCC ou au FICP ; prix d’un appel local) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37944 ↗

France Victimes – 116 006

Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.

116 006 (service et appel gratuits) france-victimes.fr ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

Signal Spam

Association (partenaire de la CNIL et des autorités) qui collecte les signalements de courriels indésirables et d’hameçonnage et les transmet aux acteurs capables d’agir.

signal-spam.fr ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

Saurez-vous la repérer ? Faites le quiz « Arnaque ou pas ? »

Arnaques du même type

Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).