La sextorsion (chantage aux images intimes)

Fréquente Après des échanges intimes en ligne, ou à partir d’images volées ou truquées, un maître chanteur menace de tout diffuser si vous ne payez pas.

Par où elle arriveRéseaux sociaux, WhatsApp, Telegram…, Site web
Qui est viséJeunes, Tout le monde
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Vos données, Un compte piraté
Aussi appeléechantage à la webcam, sextortion, chantage sexuel en ligne, financial sextortion

La sextorsion commence souvent sur un réseau social, un site de rencontre, une messagerie ou une plateforme de jeu. Un inconnu, souvent caché derrière un faux profil séduisant, gagne votre confiance puis propose des échanges intimes. Dès qu’il a une image, il change de ton : il menace de l’envoyer à vos proches si vous ne payez pas ou n’envoyez pas d’autres contenus.

Le chantage peut aussi partir d’images volées sur un compte piraté, ou de montages créés par IA à partir de photos ordinaires. Cybermalveillance.gouv.fr a vu les demandes d’assistance pour sextorsion multipliées par dix en 2024. Le gouvernement cite, d’après le 3018 et l’Office mineurs (OFMIN), 29 000 signalements en France en 2024 et une hausse de 74 % des cas pris en charge par le 3018 en un an. Les adolescents sont particulièrement visés.

Si vous êtes concerné, vous n’êtes pas coupable, c’est vous la victime. Ne payez pas : le chantage continue presque toujours. Arrêtez de répondre, gardez les preuves et demandez de l’aide. Pour les jeunes, le 3018 est gratuit, anonyme et peut faire retirer des contenus.

Comment ça se passe

  1. Un inconnu vous contacte sur un réseau social, un site de rencontre ou un jeu en ligne, souvent avec un faux profil.
  2. Il gagne votre confiance et vous propose de passer sur une autre application.
  3. Il propose des échanges intimes (photos, appel vidéo) et enregistre à votre insu.
  4. Il vous montre une capture et la liste de vos amis ou de votre famille.
  5. Il exige de l’argent (virement, cartes cadeaux, cryptomonnaie) ou d’autres images, avec un délai très court.
  6. Après un premier paiement, il en réclame souvent d’autres.

À quoi ça ressemble

Réseaux sociauxJ’ai enregistré notre appel. J’ai la liste de tes abonnés, de ta famille et de ton lycée. Tu as une heure pour m’envoyer 300 € en cartes cadeaux, sinon j’envoie la vidéo à tout le monde.
Ce qui doit vous alerter :
  • Changement brutal de ton après un échange intime
  • Menace de diffusion aux proches
  • Délai d’une heure
  • Paiement en cartes cadeaux

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Un inconnu très séduisant vous contacte et devient vite intime.
  • Il insiste pour passer sur une autre application ou en appel vidéo.
  • Il refuse de montrer son visage en direct ou sa caméra « ne marche pas ».
  • Il vous demande des photos ou vidéos intimes.
  • Il cite vos amis, votre famille, votre école ou votre travail.
  • Il exige de l’argent ou d’autres images dans un délai très court.

Comment vous protéger

  • Méfiez-vous des demandes de contact d’inconnus, même avec un profil attirant.
  • N’envoyez pas d’images intimes à quelqu’un que vous n’avez pas rencontré ; si vous le faites, ne montrez ni votre visage ni de signe distinctif.
  • Mettez vos comptes en privé et cachez votre liste d’amis.
  • Utilisez des mots de passe différents et activez la double authentification.
  • Méfiez-vous si quelqu’un vous pousse à changer d’application.
  • Parents : parlez de ce risque avec vos enfants sans les juger, et rappelez-leur qu’ils peuvent toujours vous en parler.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Ne payez pas et n’envoyez pas d’autres images.
  2. Arrêtez de répondre et bloquez la personne, après avoir pris des captures d’écran.
  3. Passez vos comptes en privé et cachez vos listes d’amis.
  4. Si vous êtes mineur : parlez-en à un adulte de confiance et appelez le 3018 (gratuit, anonyme, 7j/7 de 9h à 23h).

Ensuite

  1. Gardez les preuves : captures d’écran, pseudos, liens, messages, preuves de paiement.
  2. Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie, en ligne sur THESEE ou par écrit au procureur.
  3. Si les images ont été publiées, demandez leur retrait au site ou au réseau social, et signalez-les sur internet-signalement.gouv.fr (Pharos).
  4. Le 3018 peut intervenir auprès des plateformes pour faire supprimer contenus et comptes.
  5. Demandez le déréférencement aux moteurs de recherche ; sans réponse d’un site sous un mois, vous pouvez saisir la CNIL.
  6. Prévenez discrètement vos proches qu’ils pourraient être contactés et ne doivent pas ouvrir les messages.
  7. Faites-vous aider par France Victimes (116 006).

Vos droits

Les sommes versées sous la menace sont en pratique très difficiles à récupérer. Le chantage est un délit (art. 312-10 et suivants du Code pénal) ; avec un mineur, d’autres infractions graves peuvent s’ajouter. Portez plainte.

Qui contacter

3018 (e-Enfance)

Numéro national contre le cyberharcèlement et les violences numériques : écoute, conseils, et aide pour faire supprimer des contenus ou des comptes (cyberharcèlement, sextorsion, chantage, usurpation…).

3018 (gratuit, anonyme, confidentiel) e-enfance.org/le3018 ↗

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

THESEE (plainte ou signalement en ligne pour certaines arnaques sur internet)

Téléservice du ministère de l’Intérieur pour déposer plainte ou faire un signalement en ligne pour une e-escroquerie. Après validation, vous êtes informé des suites, des aides possibles et de l’arrestation éventuelle de l’auteur.

service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/N31138 ↗

PHAROS (internet-signalement.gouv.fr)

Plateforme du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites publics sur internet : mise en danger des personnes, terrorisme, menaces, pédocriminalité, haine, traite des êtres humains, trafics, cruauté envers les animaux, escroquerie en ligne.

internet-signalement.gouv.fr ↗

Le site ou l’application concerné

Le réseau social, la messagerie, le site de petites annonces ou la marketplace où l’arnaque a eu lieu. Il doit proposer un moyen de signaler un contenu illicite et peut aider à récupérer un compte.

CNIL

Autorité de protection des données personnelles. Elle reçoit les plaintes (données non supprimées, démarchage qui continue après opposition, publication non retirée) et aide à faire retirer des contenus qui usurpent votre identité.

01 53 73 22 22 (+33 1 53 73 22 22) cnil.fr/fr/plaintes ↗

France Victimes – 116 006

Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.

116 006 (service et appel gratuits) france-victimes.fr ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

Saurez-vous la repérer ? Faites le quiz « Arnaque ou pas ? »

Arnaques du même type

Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).