Le faux chantage à la webcam piratée
Fréquente Un e-mail envoyé en masse prétend que votre ordinateur ou votre webcam a été piraté pendant que vous regardiez du porno et réclame une rançon en bitcoin.
| Par où elle arrive | |
|---|---|
| Qui est visé | Tout le monde |
| Ce que vous risquez | Perdre de l’argent |
| Aussi appelée | chantage à la webcam prétendue piratée, cryptoporno, sextorsion par e-mail, sextortion email scam |
Vous recevez un e-mail d’un prétendu « hacker ». Il affirme avoir pris le contrôle de votre ordinateur, avoir filmé des scènes intimes avec votre webcam et menace de les envoyer à vos contacts si vous ne payez pas une rançon, souvent en bitcoin ou autre cryptomonnaie.
C’est du bluff. Ces messages sont envoyés à des milliers d’adresses au hasard. Pour paraître crédibles, ils affichent parfois votre propre adresse comme expéditeur (usurpation, ou « spoofing ») ou citent un de vos anciens mots de passe, récupéré dans une fuite de données. Cybermalveillance.gouv.fr précise qu’aucune mise à exécution de ces menaces n’a été démontrée.
Son rapport 2025 indique que ce chantage fait « très régulièrement » l’objet de vagues d’e-mails depuis des années. Ne répondez pas, ne payez pas, et changez le mot de passe s’il est cité.
Comment ça se passe
- Vous recevez un e-mail qui semble parfois venir de votre propre adresse.
- L’auteur se présente comme un pirate et dit avoir installé un virus sur votre appareil.
- Il prétend avoir des vidéos de vous prises par votre webcam sur un site pour adultes.
- Il cite parfois un de vos mots de passe pour faire peur.
- Il réclame quelques centaines à plusieurs milliers d’euros en cryptomonnaie, avec un délai très court.
- Il menace d’envoyer les vidéos à votre famille et à vos collègues si vous ne payez pas.
À quoi ça ressemble
- Aucune preuve réelle fournie
- Paiement en bitcoin
- Délai très court
- Message impersonnel envoyé en masse
- Ancien mot de passe issu d’une fuite de données
- Aucune vidéo jointe
- Menace vague
Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.
Les signes qui doivent alerter
- Un « hacker » prétend vous avoir filmé à votre insu.
- Le message ne montre aucune image réelle.
- Demande de paiement en bitcoin, autre cryptomonnaie ou coupons PCS.
- Délai très court (24 à 72 heures).
- L’e-mail semble venir de votre propre adresse.
- Il cite un ancien mot de passe que vous n’utilisez plus.
- Texte impersonnel, qui pourrait s’adresser à n’importe qui.
Comment vous protéger
- Utilisez des mots de passe différents pour chaque compte et changez-les au moindre doute.
- Activez la double authentification.
- Faites les mises à jour de vos appareils.
- Masquez la webcam quand vous ne l’utilisez pas (un simple cache suffit).
- N’ouvrez pas les pièces jointes et ne cliquez pas sur les liens des messages suspects.
Vous êtes victime ?
Tout de suite
- Ne paniquez pas et ne répondez pas : répondre confirme que votre adresse est active.
- Ne payez pas la rançon.
- Si un de vos mots de passe est cité, changez-le partout où vous l’utilisez.
Ensuite
- Gardez l’e-mail comme preuve (capture d’écran).
- Signalez-le sur internet-signalement.gouv.fr ou à Signal Spam.
- Si vous avez déjà payé, contactez votre banque ou la plateforme de cryptomonnaie pour tenter d’annuler l’opération.
- Si vous avez payé, portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur.
- Faites-vous conseiller sur 17Cyber (17cyber.gouv.fr).
Vos droits
Un paiement en cryptomonnaie est en pratique très difficile à récupérer. Si vous avez payé par carte ou virement, contactez votre banque sans attendre. Les faits relèvent du chantage (art. 312-10 du Code pénal).
Qui contacter
Plateforme du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites publics sur internet : mise en danger des personnes, terrorisme, menaces, pédocriminalité, haine, traite des êtres humains, trafics, cruauté envers les animaux, escroquerie en ligne.
Association (partenaire de la CNIL et des autorités) qui collecte les signalements de courriels indésirables et d’hameçonnage et les transmet aux acteurs capables d’agir.
Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.
Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)
Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.
17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗
Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.
Arnaques du même type
Sources
- Chantage à la webcam ou à l’ordinateur prétendus piratés, que faire ? — Cybermalveillance.gouv.fr (2026-03-18)
- Rapport d’activité et état de la menace 2025 — Cybermalveillance.gouv.fr (2026-03-26)
Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.
Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.
Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).