Le faux conseiller bancaire

Très fréquente Un escroc se fait passer pour le service fraude de votre banque, parfois avec son vrai numéro affiché, pour vous faire valider des opérations qui vident votre compte.

Par où elle arriveTéléphone, SMS, WhatsApp, Telegram…, E-mail
Qui est viséTout le monde, Seniors
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Coordonnées bancaires, Un compte piraté
Aussi appeléespoofing bancaire, arnaque au faux service fraude, fraude au faux conseiller, faux numéro d’opposition

Le téléphone sonne : un « conseiller » ou un « agent du service fraude » de votre banque vous annonce des opérations suspectes sur votre compte. Il connaît votre nom, votre adresse, parfois votre numéro de compte. Le numéro affiché peut même être celui de votre agence : c’est l’usurpation de numéro, ou spoofing. Son but : vous faire valider vous-même des virements, l’ajout d’un bénéficiaire ou des paiements par carte, en vous faisant croire que vous les « annulez ».

Selon la Banque de France, la fraude au faux conseiller est la forme la plus fréquente de la fraude par manipulation, qui a atteint 516 millions d’euros en 2025 (+34 % en un an). Cybermalveillance.gouv.fr a constaté une hausse de 159 % de ces fraudes en 2025, avec de nouvelles variantes : un faux message vous demande d’appeler un « numéro d’opposition », ou l’escroc vous fait passer sur WhatsApp pour partager votre écran.

L’arnaque marche parce qu’elle joue sur la peur et l’urgence, et parce que les escrocs utilisent des données personnelles volées lors de fuites ou d’hameçonnages pour paraître crédibles. Retenez une règle simple : votre banque n’a jamais besoin que vous fassiez quoi que ce soit pour bloquer une fraude.

Comment ça se passe

  1. Les escrocs récupèrent vos données (nom, banque, téléphone) via une fuite de données ou un faux message.
  2. Vous recevez un appel, ou un SMS qui vous demande d’appeler un numéro « pour annuler un paiement ».
  3. Le faux conseiller annonce une fraude en cours et vous met sous pression pour agir tout de suite.
  4. Il vous demande un code reçu par SMS, ou de « confirmer » une opération dans votre application bancaire.
  5. En réalité, vous validez un virement, un nouveau bénéficiaire ou un paiement au profit de l’escroc.
  6. Parfois, il demande votre code de carte et envoie un faux coursier chercher la carte chez vous.
  7. Quand vous rappelez votre vraie banque, l’argent est déjà parti.

À quoi ça ressemble

Téléphone« Bonjour Madame Martin, ici Julien, du service sécurité de votre banque. Nous avons bloqué un virement de 1 850 € vers un compte en Lituanie. Pour l’annuler, vous allez recevoir une notification dans votre application : il faut simplement appuyer sur “Valider”. Faites vite, sinon le virement partira dans dix minutes. »
Ce qui doit vous alerter :
  • Appel inattendu qui annonce une fraude en cours
  • Urgence : « dans dix minutes »
  • On vous demande de valider une opération pour l’« annuler »
  • Une banque n’a jamais besoin de votre action pour bloquer un paiement
SMSPaiement de 749,90 € en attente chez ELECTRO-DISCOUNT. Si vous n’êtes pas à l’origine de cet achat, appelez le service opposition au 06 XX XX XX XX.
Ce qui doit vous alerter :
  • Le numéro à appeler est donné dans le message
  • Numéro de portable en 06 au lieu du numéro habituel de votre banque
  • Montant précis pour vous inquiéter

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Un appel ou un message alarmant, soi-disant de votre banque, sur une fraude en cours
  • On vous demande un code reçu par SMS, votre mot de passe ou votre code de carte
  • On vous demande de valider ou d’« annuler » une opération dans votre application
  • On vous propose d’envoyer quelqu’un récupérer votre carte
  • On vous presse d’agir immédiatement, sans raccrocher
  • On vous demande de passer sur WhatsApp ou de partager votre écran
  • Le message vous donne un numéro à rappeler

Comment vous protéger

  • Ne donnez jamais un code reçu par SMS, un mot de passe ou votre code de carte, à personne.
  • Ne validez jamais une opération que vous n’avez pas faite vous-même, même « pour l’annuler ».
  • Raccrochez, puis appelez votre banque avec le numéro au dos de votre carte ou dans votre application.
  • Attendez quelques minutes avant de rappeler, ou utilisez un autre téléphone.
  • Ne vous fiez pas au numéro affiché : il peut être usurpé.
  • Ne rappelez jamais un numéro donné dans un SMS ou un courriel.
  • Ne remettez jamais votre carte à quelqu’un, même coupée en deux.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Faites opposition sur votre carte (banque ou 0 892 705 705).
  2. Appelez votre banque par son numéro habituel et signalez toutes les opérations frauduleuses.
  3. Demandez le blocage ou le rappel des virements déjà émis.
  4. Changez le mot de passe de votre banque en ligne, ou demandez sa réinitialisation.

Ensuite

  1. Listez les paiements, virements et comptes bénéficiaires frauduleux.
  2. Demandez par écrit le remboursement à votre banque, en joignant le dépôt de plainte si elle le demande.
  3. Gardez les preuves : numéros, SMS, courriels, relevés.
  4. Si votre carte a été utilisée, signalez-le sur Perceval (cela ne remplace pas la plainte).
  5. Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie, ou par écrit au procureur.
  6. Faites-vous aider gratuitement par France Victimes (116 006) ou sur 17Cyber (17cyber.gouv.fr).
  7. Mettez à jour vos appareils et vérifiez vos autres comptes en ligne.

Vos droits

Pour une opération que vous n’avez pas autorisée, la banque doit rembourser au plus tard à la fin du premier jour ouvrable après votre signalement (art. L133-18 du Code monétaire et financier), sauf si elle soupçonne une fraude de votre part et le signale par écrit à la Banque de France. Vous avez 13 mois pour contester. Elle peut ensuite vous faire supporter la perte si elle prouve une « négligence grave » (art. L133-19). Le 15 octobre 2026, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que cette négligence ne permet pas à la banque de retarder le remboursement : elle doit rembourser, puis la prouver devant un juge. Mais si vous avez vous-même ordonné ou validé l’opération, la banque peut la considérer comme autorisée, et cet arrêt ne couvre pas ces cas. En France, la Cour de cassation a jugé le 15 janvier 2025 qu’une banque n’a pas à supporter la perte d’un client gravement négligent. Chaque cas est apprécié par les juges.

Qui contacter

Serveur interbancaire d’opposition à carte bancaire

Bloque immédiatement votre carte bancaire (perte, vol, fraude). Vous recevez un numéro d’enregistrement qui date votre opposition : gardez-le.

0 892 705 705 (numéro majoré : coût d’un appel vers un fixe + service payant) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31324 ↗

Votre banque

Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.

Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)

Perceval (signaler une fraude à la carte bancaire)

Démarche en ligne sur Service-Public.fr pour signaler des achats en ligne faits avec votre carte sans votre accord. Le signalement est traité par la Gendarmerie nationale ; vous recevez un récépissé à transmettre à votre banque.

service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/R46526 ↗

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

Plainte en ligne (remplace la pré-plainte en ligne)

Dépôt de plainte à distance sur Ma Sécurité pour une atteinte aux biens dont l’auteur est inconnu (vol, escroquerie hors certaines arnaques internet, abus de confiance, dégradation…). Si la déclaration est acceptée, une copie numérique du procès-verbal est mise en ligne.

masecurite.interieur.gouv.fr/fr/demarches-en-ligne/plainte-en-ligne ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

France Victimes – 116 006

Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.

116 006 (service et appel gratuits) france-victimes.fr ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

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Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).