Le faux coursier qui vient chercher votre carte
Fréquente Après un appel de faux conseiller, un « coursier » vient chez vous récupérer votre carte bancaire « pour la détruire », puis s’en sert pour retirer et payer.
| Par où elle arrive | Téléphone, SMS, En personne |
|---|---|
| Qui est visé | Tout le monde, Seniors |
| Ce que vous risquez | Perdre de l’argent, Coordonnées bancaires |
| Aussi appelée | arnaque au faux coursier, faux coursier bancaire, carte à détruire |
C’est une suite de l’arnaque au faux conseiller bancaire. L’escroc vous appelle en se présentant comme votre banque, vous dit que votre carte est piratée et qu’il faut la remplacer. Il vous demande votre code secret « pour l’annuler », puis annonce qu’un coursier va passer la récupérer, souvent le soir. Parfois, il vous donne un « code de sécurité » que le coursier doit vous montrer, pour vous rassurer.
Le coursier arrive, coupe parfois la carte devant vous en laissant la puce intacte, et repart avec. Les escrocs ont alors la carte et le code : ils font des retraits et des achats, parfois après vous avoir fait augmenter vos plafonds. Cybermalveillance.gouv.fr signale qu’en 2025 les réseaux ont recours à des équipes « terrain » sous-traitantes pour ces collectes à domicile.
Une règle à retenir : aucune banque n’envoie quelqu’un chez vous chercher votre carte, et personne d’autre que vous ne doit connaître votre code.
Comment ça se passe
- Les escrocs obtiennent vos données, souvent par un faux SMS ou une fuite de données.
- Un faux conseiller vous appelle : votre carte serait piratée ou compromise.
- Il vous demande votre code secret, ou de valider des opérations dans votre application.
- Il annonce qu’un coursier va venir récupérer la carte, et vous donne un code « de sécurité ».
- Le coursier passe, coupe parfois la carte devant vous et l’emporte.
- Les escrocs utilisent la carte et le code pour retirer de l’argent et payer.
À quoi ça ressemble
- On vous demande votre code secret
- Une banque n’envoie jamais de coursier chercher une carte
- Passage le soir, quand l’agence est fermée
- Un « code de sécurité » donné par l’appelant ne prouve rien
Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.
Les signes qui doivent alerter
- Un appel inattendu sur une fraude à votre carte
- Quelqu’un propose de venir récupérer votre carte à domicile
- On vous demande votre code secret
- On vous demande de couper la carte et de la remettre
- On vous propose d’augmenter vos plafonds de paiement ou de retrait
- On vous presse d’agir le soir ou le week-end
Comment vous protéger
- Ne remettez jamais votre carte à qui que ce soit, même coupée en deux.
- Ne donnez jamais votre code secret, même à votre banque.
- Raccrochez et appelez votre banque avec le numéro au dos de la carte.
- Si votre carte doit être annulée, faites vous-même opposition : vous la détruirez vous-même.
- Prévenez vos proches âgés : c’est une arnaque qui les vise souvent.
- Si un « coursier » se présente, ne lui ouvrez pas et appelez le 17.
Vous êtes victime ?
Tout de suite
- Faites immédiatement opposition sur votre carte (banque ou 0 892 705 705).
- Appelez votre banque par son numéro habituel, puis confirmez par écrit.
- Demandez la baisse des plafonds s’ils ont été augmentés.
- Si le coursier vient de partir, appelez le 17.
Ensuite
- Notez la description du coursier, l’heure, et tout véhicule aperçu.
- Changez vos mots de passe de banque en ligne.
- Signalez les paiements frauduleux sur Perceval.
- Portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie : une plainte est utile en plus de Perceval, car il y a eu remise de la carte.
- Contestez les opérations auprès de votre banque.
- Faites-vous accompagner par France Victimes (116 006).
Vos droits
Les règles des opérations non autorisées s’appliquent (art. L133-18 et L133-19 du Code monétaire et financier) : remboursement par la banque au plus tard le premier jour ouvrable après le signalement, contestation possible pendant 13 mois. Mais avoir remis sa carte et son code peut être qualifié de « négligence grave » par la banque, qui doit alors la prouver. Selon la CJUE (15 octobre 2026), ce motif ne permet pas de retarder le remboursement ; la banque peut ensuite se retourner contre vous devant un juge. Les décisions dépendent de chaque situation.
Qui contacter
Bloque immédiatement votre carte bancaire (perte, vol, fraude). Vous recevez un numéro d’enregistrement qui date votre opposition : gardez-le.
0 892 705 705 (numéro majoré : coût d’un appel vers un fixe + service payant) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31324 ↗
Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.
Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)
Démarche en ligne sur Service-Public.fr pour signaler des achats en ligne faits avec votre carte sans votre accord. Le signalement est traité par la Gendarmerie nationale ; vous recevez un récépissé à transmettre à votre banque.
Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.
17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗
Dépôt de plainte à distance sur Ma Sécurité pour une atteinte aux biens dont l’auteur est inconnu (vol, escroquerie hors certaines arnaques internet, abus de confiance, dégradation…). Si la déclaration est acceptée, une copie numérique du procès-verbal est mise en ligne.
masecurite.interieur.gouv.fr/fr/demarches-en-ligne/plainte-en-ligne ↗
Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.
Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.
Arnaques du même type
Sources
- Arnaque bancaire : attention aux faux coursiers ! — Assurance Banque Épargne Info Service (ACPR / Banque de France)
- Fraude au faux coursier : comment éviter de se faire piéger ? — Les clés de la banque (Fédération bancaire française) (2025-10-12)
- Que faire en cas de fraude au faux conseiller bancaire ? — Cybermalveillance.gouv.fr (2026-05-07)
- Cybermalveillance.gouv.fr dévoile les tendances de la menace cyber en France — Cybermalveillance.gouv.fr (2026-03-26)
- Arnaque en ligne : la banque doit-elle vous rembourser si vous avez transmis vos coordonnées bancaires ? — Service-public.gouv.fr (2026-11-02)
Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.
Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.
Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).