Le faux SMS de livraison de colis
Très fréquente Un SMS ou un e-mail se fait passer pour un transporteur et réclame quelques euros pour livrer un colis, afin de voler votre carte bancaire.
| Par où elle arrive | SMS, E-mail, Téléphone |
|---|---|
| Qui est visé | Tout le monde, Acheteurs en ligne |
| Ce que vous risquez | Coordonnées bancaires, Perdre de l’argent, Vos données |
| Aussi appelée | arnaque au colis, faux frais de livraison, faux droits de douane, smishing colis |
Vous recevez un SMS ou un e-mail qui semble venir de La Poste, Colissimo, Chronopost, Mondial Relay, d’un autre transporteur ou de la douane. Il annonce un problème : colis en attente, adresse incomplète, frais de port ou de douane impayés. Un lien mène vers un faux site aux couleurs du transporteur, qui demande vos coordonnées puis votre carte bancaire pour payer une petite somme.
La petite somme rassure, mais le vrai but est de récupérer votre carte. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les données volées servent ensuite à des achats ou à l’arnaque au faux conseiller bancaire. Les transporteurs ne demandent jamais de payer par SMS ou par e-mail pour recevoir un colis. Seule exception : de vrais droits de douane, que La Poste fait payer sur laposte.fr, à vérifier avec le numéro de suivi.
Une variante commence par un message très court, sans lien, du type « Vous êtes chez vous ? », pour obtenir une réponse avant d’envoyer le piège. Une autre passe par téléphone : un faux livreur demande un code reçu par SMS, qui sert en fait à payer un achat sur votre facture mobile.
Comment ça se passe
- Vous recevez un SMS, souvent depuis un numéro de mobile en 06 ou 07, qui parle d’un colis bloqué ou d’une livraison manquée.
- Le message réclame des frais de livraison, de réexpédition ou de douane, souvent avec un délai court.
- Le lien ouvre un faux site qui copie le logo et les couleurs du transporteur.
- Le site demande votre nom, votre adresse, puis votre carte bancaire pour payer un ou deux euros.
- Les escrocs utilisent votre carte pour des achats, ou vous appellent quelques jours plus tard en se faisant passer pour votre banque.
À quoi ça ressemble
- Envoyé depuis un numéro de mobile ordinaire
- Demande de paiement pour recevoir un colis
- Délai de 24 h pour vous presser
- Le lien ne mène pas au site officiel du transporteur
- Vous n’attendez aucun colis de l’étranger
- Menace de destruction du colis
- Pas de numéro de suivi vérifiable sur le site officiel
- Adresse du site sans rapport avec le transporteur
Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.
Les signes qui doivent alerter
- On vous demande de payer pour recevoir un colis.
- Le SMS vient d’un numéro de mobile en 06 ou 07.
- Le lien mène à une adresse qui n’est pas exactement celle du transporteur.
- Le message vous presse : 24 h, 48 h, retour à l’expéditeur, destruction.
- On vous demande votre carte bancaire, une pièce d’identité ou un code reçu par SMS.
- Un message très court vous demande si vous êtes chez vous, sans autre contexte.
Comment vous protéger
- Ne cliquez jamais sur un lien reçu par SMS pour un colis.
- Vérifiez le suivi vous-même, sur le site ou l’application du transporteur, en tapant l’adresse.
- Pour des droits de douane, contrôlez le numéro d’envoi sur le suivi officiel avant de payer.
- Ne donnez jamais un code reçu par SMS à un livreur au téléphone.
- Ne répondez pas aux messages du type « Vous êtes chez vous ? » venant d’un inconnu.
- Transférez le SMS au 33700, puis supprimez-le.
Vous êtes victime ?
Tout de suite
- Faites opposition sur votre carte auprès de votre banque ou au 0 892 705 705.
- Appelez votre banque pour contester les paiements et demander leur remboursement.
- Méfiez-vous des appels des jours suivants : votre vraie banque ne vous demande jamais de valider une opération ou de donner un code.
- Si vous avez donné un mot de passe, changez-le partout où vous l’utilisez.
Ensuite
- Gardez le SMS, l’adresse du faux site et des captures d’écran.
- Signalez les débits frauduleux sur la plateforme Perceval.
- Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur.
- Signalez le SMS au 33700, l’e-mail à Signal Spam et le faux site à Phishing Initiative.
- Prévenez le transporteur dont le nom a été utilisé (par exemple [email protected] pour La Poste).
Vos droits
Pour un paiement par carte que vous n’avez pas autorisé, la banque doit en principe vous rembourser sans délai (articles L133-18 et L133-19 du Code monétaire et financier), si vous le signalez dans les 13 mois. Si elle invoque une « négligence grave » (par exemple un paiement que vous avez validé avec un code), elle doit quand même rembourser d’abord, puis la prouver pour vous réclamer la perte (article L133-23 ; Cour de justice de l’Union européenne, 15 octobre 2026) ; les tribunaux jugent au cas par cas.
Qui contacter
Bloque immédiatement votre carte bancaire (perte, vol, fraude). Vous recevez un numéro d’enregistrement qui date votre opposition : gardez-le.
0 892 705 705 (numéro majoré : coût d’un appel vers un fixe + service payant) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31324 ↗
Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.
Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)
Démarche en ligne sur Service-Public.fr pour signaler des achats en ligne faits avec votre carte sans votre accord. Le signalement est traité par la Gendarmerie nationale ; vous recevez un récépissé à transmettre à votre banque.
Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.
17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗
Plateforme des opérateurs pour signaler les SMS, MMS et appels indésirables ou frauduleux. Les signalements sont transmis chaque jour aux opérateurs, qui peuvent couper les numéros en cause.
33700 : transférez le SMS suspect par SMS au 33700 (service gratuit) 33700.fr ↗
Association (partenaire de la CNIL et des autorités) qui collecte les signalements de courriels indésirables et d’hameçonnage et les transmet aux acteurs capables d’agir.
Service où chacun peut signaler l’adresse d’un site d’hameçonnage francophone. Après vérification par le CERT Orange Cyberdefense, l’adresse est bloquée dans les navigateurs partenaires.
Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.
Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.
Sources
- L’hameçonnage à la livraison de colis — Cybermalveillance.gouv.fr (2026-08-26)
- L’hameçonnage (« phishing ») en 2025 : une menace omniprésente, massive et diversifiée — Cybermalveillance.gouv.fr (2026-06-01)
- J’ai reçu un SMS ou un mail me demandant de payer des droits de douane : comment être sûr qu’il ne s’agit pas d’une arnaque ? — La Poste
Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.
Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.
Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).