Le faux ordre de virement (arnaque au président)

Très fréquente Un escroc se fait passer pour un dirigeant, un fournisseur ou un salarié pour obtenir d’une entreprise un virement urgent et confidentiel vers son compte.

Par où elle arriveE-mail, Téléphone, WhatsApp, Telegram…
Qui est viséEntreprises
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Un compte piraté
Aussi appeléeFOVI, arnaque au président, fraude au président, CEO fraud, BEC

Le faux ordre de virement, ou FOVI, vise les entreprises, les associations et les collectivités. Un salarié du service comptable reçoit un appel ou un courriel du « président », d’un « avocat » ou d’un « commissaire aux comptes » : une opération urgente et strictement confidentielle exige un virement immédiat, souvent vers l’étranger. D’autres variantes : un faux fournisseur annonce un changement de RIB, ou un faux salarié demande que son salaire soit versé sur un nouveau compte.

Les escrocs préparent leur attaque : organigramme, réseaux sociaux, absences des dirigeants, périodes de vacances. Souvent, la boîte mail d’un dirigeant ou d’un partenaire a été piratée, ce qui rend les messages très crédibles. En 2025, la fraude au virement représente 13,5 % des demandes d’assistance des entreprises auprès de Cybermalveillance.gouv.fr (3e menace), et les fraudes au virement ont augmenté de 170 % tous publics confondus, s’étendant à la facturation électronique et à la gestion de la paie.

La meilleure parade est une procédure interne simple et sans exception : tout virement inhabituel ou tout changement de coordonnées bancaires est vérifié par un rappel sur un numéro déjà connu, et validé par une deuxième personne.

Comment ça se passe

  1. Les escrocs étudient l’entreprise : dirigeants, organigramme, fournisseurs, congés.
  2. Ils piratent parfois une boîte mail ou créent une adresse qui ressemble à la vraie.
  3. Un salarié reçoit une demande de virement urgente et confidentielle d’un faux dirigeant ou partenaire.
  4. On lui demande de ne parler à personne et d’agir vite, souvent avant un week-end.
  5. Le virement part vers un compte contrôlé par l’escroc, souvent à l’étranger.
  6. L’argent est rapidement transféré ailleurs, ce qui rend sa récupération difficile.

À quoi ça ressemble

E-mailObjet : Confidentiel – opération en cours. Bonjour Claire, je suis en réunion avec nos avocats pour une acquisition qui ne doit pas encore être connue. J’ai besoin que vous fassiez aujourd’hui un virement de 48 000 € vers le compte joint. Ne m’appelez pas, je ne suis pas joignable, répondez uniquement par mail. Merci de votre discrétion. Philippe (Président)
Ce qui doit vous alerter :
  • Urgence et confidentialité
  • Interdiction d’appeler pour vérifier
  • Demande qui contourne la procédure habituelle
  • Adresse de l’expéditeur à vérifier caractère par caractère
E-mailBonjour, suite à un changement de banque, merci d’utiliser désormais le RIB joint pour le règlement de la facture n° 2026-1187 et des suivantes. Cordialement, le service comptabilité.
Ce qui doit vous alerter :
  • Nouveau RIB envoyé par simple courriel
  • Message impersonnel
  • À confirmer en appelant le fournisseur sur son numéro habituel

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Une demande de virement urgente et « confidentielle »
  • On vous demande de ne pas suivre la procédure habituelle
  • On vous interdit d’en parler ou d’appeler pour vérifier
  • Un changement de coordonnées bancaires reçu par courriel
  • Une adresse mail qui ressemble à celle d’un dirigeant ou d’un fournisseur, à un caractère près
  • Une demande pendant les congés, un week-end ou l’absence du dirigeant
  • Un compte bénéficiaire à l’étranger inhabituel

Comment vous protéger

  • Mettez en place une double validation obligatoire pour tout virement inhabituel.
  • Vérifiez toute demande par un rappel sur un numéro déjà connu, jamais celui du message.
  • Formez les salariés des services comptables et financiers à cette arnaque.
  • Limitez les informations publiques sur les personnes habilitées à faire des virements.
  • Protégez les boîtes mail avec des mots de passe solides et la double authentification.
  • Vérifiez qu’aucune règle de transfert automatique n’a été ajoutée sur vos messageries.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Appelez immédiatement votre banque pour demander le blocage ou le rappel des fonds.
  2. Suspendez les virements pas encore partis et bloquez le RIB frauduleux dans vos outils.
  3. Prévenez la direction et la comptabilité.
  4. Si une boîte mail a été piratée, changez son mot de passe et activez la double authentification.

Ensuite

  1. Listez tous les virements frauduleux (faits, en attente ou programmés).
  2. Conservez les preuves : courriels avec leurs en-têtes, numéros, dates et heures d’appel, ordres de virement, factures.
  3. Portez plainte rapidement au commissariat, à la gendarmerie ou auprès du procureur.
  4. Faites-vous aider par un avocat spécialisé, surtout si le compte est à l’étranger.
  5. Faites un diagnostic sur 17Cyber pour trouver un prestataire si votre système a été compromis.

Vos droits

Un virement ordonné par un salarié de l’entreprise, même trompé, est en principe considéré comme autorisé : les règles de remboursement des opérations non autorisées (art. L133-18 du Code monétaire et financier) ne s’appliquent alors pas. La banque peut tenter un rappel des fonds, sans garantie. Dans une affaire d’hameçonnage visant deux sociétés, la Cour de cassation a jugé le 15 janvier 2025 que leur négligence leur faisait supporter seules les pertes. Un avocat peut évaluer d’éventuels recours.

Qui contacter

Votre banque

Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.

Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

Cybermalveillance.gouv.fr

Le dispositif national d’assistance et de prévention en cybersécurité (GIP ACYMA). Il publie des fiches « que faire » par menace, des alertes, et donne accès à 17Cyber et à des prestataires référencés.

cybermalveillance.gouv.fr ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

Saurez-vous la repérer ? Faites le quiz « Arnaque ou pas ? »

Dans l’actualité

Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).