La fausse offre d’emploi (tâches payées, mules)

Fréquente Un faux recruteur propose un job facile depuis chez vous : « liker », noter des produits… puis vous fait payer pour débloquer vos gains, ou utilise votre compte pour blanchir de l’argent.

Par où elle arriveSMS, WhatsApp, Telegram…, Réseaux sociaux, E-mail, Publicité en ligne
Qui est viséChercheurs d’emploi, Jeunes
Ce que vous risquezPerdre de l’argent, Coordonnées bancaires, Usurpation d’identité, Vos données
Aussi appeléearnaque à la tâche, faux recruteur, job de likes, mule financière, task scam, money mule

Le message promet un travail à domicile, sans compétences, avec un gros salaire journalier. C’est souvent l’« arnaque à la tâche », observée par Cybermalveillance.gouv.fr depuis fin 2022 : on vous demande de « liker » des vidéos ou de noter des produits, et on vous paie une petite somme pour gagner votre confiance. Ensuite, sur un faux site, vous devez verser votre propre argent, souvent en cryptomonnaie, pour acheter des « lots de tâches ». Les objectifs deviennent impossibles et vos gains restent bloqués.

D’autres faux recruteurs usurpent le nom d’une vraie entreprise pour vous voler vos données (RIB, numéro de sécurité sociale, pièce d’identité), ou vous recrutent comme « mule financière » : vous recevez de l’argent sur votre compte et le reversez en gardant une commission. Selon l’ABE (Banque de France, ACPR, AMF), une mule peut être poursuivie pour blanchiment, avec jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 € d’amende.

Règle simple : si vous devez payer pour travailler, c’est une arnaque. Et un employeur n’a jamais besoin de faire transiter de l’argent par votre compte personnel.

Comment ça se passe

  1. Vous recevez un SMS, un message WhatsApp ou Telegram, ou voyez une annonce vidéo sur un réseau social.
  2. On vous propose un emploi à domicile, flexible, très bien payé, sans entretien.
  3. Le « recruteur » vous donne des tâches simples (liker, noter des hôtels ou produits) et vous paie un peu au début.
  4. Il vous inscrit sur un site avec une « cagnotte » et vous demande de la recharger avec votre argent pour débloquer plus de tâches.
  5. Les objectifs deviennent impossibles : pour récupérer vos gains, il faut toujours payer plus.
  6. Variante : on vous demande votre RIB, vos papiers, ou de recevoir et reverser de l’argent pour l’entreprise.
  7. Quand vous ne payez plus, le compte est bloqué et le recruteur disparaît.

À quoi ça ressemble

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Ce qui doit vous alerter :
  • Offre non sollicitée
  • Salaire irréaliste
  • Aucun nom d’entreprise vérifiable
  • Contact uniquement sur WhatsApp
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Ce qui doit vous alerter :
  • Argent facile et rapide
  • On demande l’accès à votre compte bancaire
  • Recrutement de mule financière

Exemple rédigé par IP73 sur le modèle des messages signalés ; le lien et le numéro sont fictifs.

Les signes qui doivent alerter

  • Une offre que vous n’avez pas demandée, par SMS ou messagerie.
  • Un salaire très élevé pour un travail simple et sans qualification.
  • Pas d’entretien, pas de contrat signé, un recruteur qui reste « à l’étranger ».
  • On vous paie pour liker, noter ou commenter.
  • On vous demande de payer : formation, matériel, « recharge » de compte, cryptomonnaie.
  • On vous demande votre RIB, vos identifiants bancaires ou une pièce d’identité avant toute embauche.
  • On vous propose de recevoir de l’argent sur votre compte et de le reverser.

Comment vous protéger

  • Ne versez jamais d’argent à un employeur, pour quelque raison que ce soit.
  • Ne donnez ni RIB, ni numéro de sécurité sociale, ni pièce d’identité avant d’avoir rencontré le recruteur et signé un contrat.
  • Vérifiez l’existence de l’entreprise (numéro SIRET) et l’adresse de l’expéditeur.
  • N’encaissez jamais un chèque ou un virement pour le reverser à quelqu’un.
  • Refusez toute offre d’ouvrir un compte ou de prêter le vôtre.
  • Parlez-en à un proche ou à un conseiller France Travail si une offre vous paraît trop belle.

Vous êtes victime ?

Tout de suite

  1. Arrêtez tout contact avec le faux recruteur, même s’il menace.
  2. Ne versez plus rien, même pour « débloquer » vos gains.
  3. Prévenez votre banque si vous avez donné vos coordonnées bancaires, ou si de l’argent suspect est arrivé sur votre compte.
  4. Si vous avez donné une pièce d’identité, suivez les démarches contre l’usurpation d’identité.

Ensuite

  1. Gardez les preuves : messages, numéros, pseudos, adresse du site, reçus de paiement.
  2. Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur (pré-plainte en ligne possible).
  3. Signalez les SMS au 33700 et les comptes ou annonces aux plateformes ; signalez aussi sur internet-signalement.gouv.fr ou SignalConso.
  4. Faites-vous accompagner par France Victimes (116 006) et conseiller sur 17Cyber (17cyber.gouv.fr).

Vos droits

Les sommes versées volontairement (virement, cryptomonnaie) ne sont pas remboursées automatiquement ; contactez votre banque au plus vite. Attention : si de l’argent a transité par votre compte pour un tiers, vous risquez d’être poursuivi pour blanchiment, même si vous pensiez travailler honnêtement. Prévenez votre banque et portez plainte rapidement.

Qui contacter

Votre banque

Bloque la carte, les accès en ligne et les virements, enregistre la contestation des opérations, et peut demander le retour des fonds d’un virement.

Le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre appli ou sur le site officiel de votre banque (jamais un numéro donné dans un SMS ou un appel reçu)

Plainte au commissariat ou à la gendarmerie

Dépôt de plainte sur place (police ou gendarmerie de votre choix), par courrier au procureur de la République, ou par visioplainte pour certaines infractions. Les services sont obligés d’enregistrer votre plainte.

17 ou 112 en cas d’urgence service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1435 ↗

Plainte en ligne (remplace la pré-plainte en ligne)

Dépôt de plainte à distance sur Ma Sécurité pour une atteinte aux biens dont l’auteur est inconnu (vol, escroquerie hors certaines arnaques internet, abus de confiance, dégradation…). Si la déclaration est acceptée, une copie numérique du procès-verbal est mise en ligne.

masecurite.interieur.gouv.fr/fr/demarches-en-ligne/plainte-en-ligne ↗

33700 (signalement des SMS et appels indésirables)

Plateforme des opérateurs pour signaler les SMS, MMS et appels indésirables ou frauduleux. Les signalements sont transmis chaque jour aux opérateurs, qui peuvent couper les numéros en cause.

33700 : transférez le SMS suspect par SMS au 33700 (service gratuit) 33700.fr ↗

Le site ou l’application concerné

Le réseau social, la messagerie, le site de petites annonces ou la marketplace où l’arnaque a eu lieu. Il doit proposer un moyen de signaler un contenu illicite et peut aider à récupérer un compte.

PHAROS (internet-signalement.gouv.fr)

Plateforme du ministère de l’Intérieur pour signaler les contenus illicites publics sur internet : mise en danger des personnes, terrorisme, menaces, pédocriminalité, haine, traite des êtres humains, trafics, cruauté envers les animaux, escroquerie en ligne.

internet-signalement.gouv.fr ↗

SignalConso

Service public gratuit de la DGCCRF pour signaler un problème avec une entreprise (achat en magasin ou sur internet, démarchage abusif…). Le signalement est transmis à l’entreprise et la répression des fraudes intervient si nécessaire.

signal.conso.gouv.fr ↗

France Victimes – 116 006

Numéro national d’aide aux victimes (ministère de la Justice) : écoute, information sur vos droits et orientation vers l’association d’aide aux victimes la plus proche, qui peut vous accompagner gratuitement, y compris pour porter plainte.

116 006 (service et appel gratuits) france-victimes.fr ↗

17Cyber

Assistance en ligne pour toutes les victimes de cybermalveillance : un diagnostic en quelques questions, des conseils adaptés, la mise en relation avec un prestataire informatique et, si la menace le justifie, un échange par tchat avec un policier ou un gendarme. Ce n’est pas un dépôt de plainte.

17cyber.gouv.fr ↗

Usurpation d’identité : démarches officielles

Les étapes officielles quand quelqu’un utilise vos données ou vos papiers : main courante en cas de soupçon, plainte dès qu’un acte est fait à votre nom, alerte des banques et administrations, vérification des fichiers FICOBA, FCC et FICP.

34 14 (Banque de France, pour vérifier votre inscription au FCC ou au FICP ; prix d’un appel local) service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F37944 ↗

France Travail

Le service public de l’emploi : vérifiez qu’une offre ou un recruteur existe vraiment, et signalez une offre suspecte depuis votre espace.

francetravail.fr ↗

Tous les réflexes selon votre situation →

Saurez-vous la repérer ? Faites le quiz « Arnaque ou pas ? »

Sources

Fiche vérifiée le 8 novembre 2026.

Ce guide informe ; il ne remplace ni les services officiels ni un avocat. En cas d’urgence ou de danger, appelez le 17.

Sources : services publics (Cybermalveillance.gouv.fr, CERT-FR, DGCCRF, AMF, police, gendarmerie…) et références internationales, citées sur chaque fiche. Les exemples de messages sont rédigés par nos soins à partir des alertes officielles : ils ne reprennent aucun vrai numéro ni lien. Guide revu chaque semaine (notre méthode). Dernière mise à jour : 8 novembre 2026. Données en JSON (CC BY 4.0).