Gros plan macro d'un composant de carte mère spécialisé, évoquant un contrôleur mémoire, sur fond neutre.

Vulnérabilités dans le noyau Linux NVIDIA corrigées par Ubuntu Security

L’annonce d’Ubuntu Security (USN-9003-1) révèle plusieurs failles dans le noyau Linux destiné aux systèmes NVIDIA, obligeant les utilisateurs à agir rapidement. Au cœur de ces problèmes se trouve CVE-2023-20585, une vulnérabilité sérieuse concernant la vérification des tables de mappage inverse (RMP) au niveau de l’IOMMU. Elle pourrait permettre à un attaquant disposant de l’accès au hyperviseur de déclencher une condition hors limites et de compromettre l’intégrité de la mémoire invité SEV-SNP.

Cette faille spécifique concerne des processeurs AMD qui ne réalisent pas correctement les vérifications RMP lorsque l’IOMMU accède à certains buffers hôtes, selon Ubuntu Security. Ce n’est pas une attaque triviale, mais elle est redoutable. Pour mettre en perspective la tension autour de la sécurité des noyaux open source, on sait qu’Anthropic a développé un exploit pour une autre faille du noyau Linux, permettant des exécutions de commandes root à distance sur des serveurs MPTCP sans authentification, selon BleepingComputer.

Mais Ubuntu Security ne s’arrête pas à ce point. L’update corrige en réalité des problèmes touchant un éventail impressionnant de sous-systèmes du noyau. Les correctifs couvrent l’architecture ARM64, les pilotes NVDIMM, ARM32, MIPS, OpenRISC, PowerPC, RISC-V, S390, x86, ainsi que des composants comme le Cryptographic API, le Compute Acceleration Framework et le pilote Intel NPU. Les administrateurs devront décortiquer cette liste, qui inclut des pilotes de réseau (Mellanox, Microsoft Azure Network Adapter), des systèmes de fichiers (BTRFS, Ceph) et des mécanismes de bas niveau comme le DMA engine subsystem ou le Kernel exit() syscall.

Vue de dessus d'un bureau avec un ordinateur portable affichant une mise à jour système et une carte réseau technique à côté.

Ce qui est touché et la gravité réelle

La menace principale liée à CVE-2023-20585 est ciblée : elle requiert un accès local et l’utilisation d’un hyperviseur compromis. Cependant, la portée des correctifs est immense. La liste des éléments touchés est une véritable encyclopédie du noyau Linux, intégrant des pilotes de bus, des gestionnaires d’alimentation et des protocoles de communication.

La fragilité du noyau est d’ailleurs documentée ailleurs. Neowin a récemment rapporté qu’OpenAI avait découvert près de mille failles d’escalade de privilèges locales dans le noyau Linux, permettant des exploits fonctionnels contournant SMEP et KASLR. Ces exemples montrent que le risque, même localisé, est très élevé.

Que faire maintenant

Pour les utilisateurs de distributions dépendant de ces noyaux NVIDIA, la seule voie recommandée par Ubuntu Security est d’appliquer la mise à jour USN-9003-1. Il ne s’agit pas d’une mise à jour facultative ; c’est une correction de sécurité critique couvrant de multiples vecteurs d’attaque. Pour ceux qui gèrent des infrastructures virtualisées, il est impératif de vérifier l’état de leurs hyperviseurs pour s’assurer qu’ils ne sont pas la porte d’entrée exploitée par cette vulnérabilité de la mémoire invité.

Il faudra surveiller attentivement les prochaines versions des pilotes et des noyaux, car ce type de découverte, où des failles touchent des couches aussi basses que les pilotes de bus ou les gestionnaires d’alimentation, montre que la surface d’attaque du système d’exploitation est infiniment plus vaste qu’on ne le pense.

Fiche technique

CVE Produit Gravité Exploitée activement Versions corrigées
CVE-2023-20585 — Moyenne (CVSS 5,6) Non signalée Voir l’avis de l’éditeur

Données : NVD (NIST) et GitHub Advisory Database (CC BY 4.0, données adaptées).

Sources