Gros plan sur un écran de smartphone affichant une interface de vérification d'âge simplifiée dans une salle de réunion moderne.

L’UE suspend les lois nationales sur les réseaux sociaux pour un an

La Commission européenne a ordonné aux États membres de suspendre pour douze mois toute loi nationale concernant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Cette mesure vise à forcer l’adoption d’un cadre réglementaire unique au niveau de l’Union. L’Autriche est la première à subir cette injonction, voyant son projet de loi sur l’âge limite des plateformes vidéo gelé.

Ce report intervient alors que l’Autriche avait soumis son projet de loi le 28 juillet. Ce texte précisait l’instauration d’une limite d’âge à quatorze ans pour l’utilisation des plateformes de partage de vidéos présentant des fonctionnalités jugées néfastes pour le développement. Il prévoyait aussi l’obligation d’un système de vérification d’âge efficace pour ces plateformes, ainsi que pour celles diffusant du contenu pornographique ou violent.

L’enjeu principal, selon la notification officielle de la Commission, réside dans l’impact des systèmes de recommandation non transparents. Un rapport du Parlement européen daté du 4 novembre 2025 indique que 97 % des jeunes utilisent Internet quotidiennement, et une part significative manifeste des comportements problématiques. Les mécanismes algorithmiques, tels que le autoplay ou le infinite scroll, encourageraient un usage compulsif et une exposition à des contenus nuisibles.

Vue large d'un bâtiment législatif européen baigné par la lumière chaude de l'heure dorée.

L’Autriche avait mis en avant que l’absence de vérification d’âge adéquate sur les contenus les plus nocifs constituait une lacune sérieuse. La loi proposée visait donc à garantir que les plateformes respectent leurs obligations de filtrage, en s’appuyant sur des preuves scientifiques.

La pression pour un cadre européen unique

Ce gel temporaire s’inscrit dans une volonté plus large de Bruxelles d’éviter la fragmentation législative. La Commission avait proposé le « EU Kids Act » en septembre, un texte visant à imposer un standard unique sur les 27 pays, afin que les plateformes ne soient pas contraintes de gérer vingt-sept régimes d’âge différents. Alexander Pröll, secrétaire d’État autrichien, a fermement réagi à cette décision, qualifiant de « inacceptable » le blocage de leurs initiatives nationales sans qu’une solution européenne complète soit présentée.

D’autres pays suivent des chemins différents. La Grèce, par exemple, a déjà adopté une interdiction pour les moins de quinze ans, car elle avait envoyé sa loi à Bruxelles avant l’initiative européenne. De son côté, la France avait déjà fait face à un rejet de sa première tentative de loi par son Conseil constitutionnel en août, bien que son projet soit toujours en cours de révision.

Les garde-fous face à l’addiction numérique

Au-delà de la question de l’âge, la législation autrichienne, telle que décrite dans la notification officielle, cible spécifiquement les mécanismes qui nuisent au développement des enfants de moins de quatorze ans. L’article mentionne que ces mesures ne visent pas à restreindre les services appropriés à l’âge, mais uniquement les fonctionnalités prouvées comme risquées. La réglementation confie l’application et les sanctions à l’autorité de régulation médiatique, KommAustria.

Si l’objectif de l’harmonisation est louable, il est vrai que la lenteur du processus européen inquiète. Certains capitales, comme celle du Danemark, continuent de pousser avec leurs propres législations, affirmant que « les problèmes sont urgents ». L’accord final sur le Kids Act pourrait ne se concrétiser que vers 2028, laissant les États membres en attente, tandis que les enjeux liés à l’usage addictif des réseaux sociaux ne diminuent pas.

Sources