# Trois accusés d’escroquerie à 129 millions avec l’IA

_Publié le 6 novembre 2026 — https://ip73.fr/2026/11/06/trois-accuses-d-escroquerie-a-129-millions-avec-l-ia/_

Trois individus ont été inculpés pour avoir mis en œuvre une escroquerie sophistiquée utilisant l'intelligence artificielle, visant à soutirer près de 129 millions de dollars à des entreprises internationales. Jacob Soall, Sharon Hazan et Guy Sheetrit sont accusés d'avoir utilisé des techniques de simulation pour usurper les identités de dirigeants d'entreprise et de conseils juridiques.

Au cours d'une période excédant un an et demi, ce trio, dont les nationalités varient entre l'Espagne, le Royaume-Uni, Israël et les Émirats arabes unis, a ciblé des sociétés à travers le globe. Les victimes incluent des systèmes hospitaliers en Missouri et Californie, une banque dans Rhode Island, ainsi que des entreprises de technologie financière au Royaume-Uni et des fonds mutuels en Massachusetts.

Le mécanisme de l'arnaque était d'une simplicité trompeuse. Le groupe s'attaquait principalement aux départements comptables des sociétés. Ils initiaient le processus par un courriel, prétendant émaner du PDG, sollicitant une assistance pour une transaction financière jugée confidentielle. Pour donner du poids à leur démarche, les escrocs organisaient ensuite des appels téléphoniques ou des visioconférences. C'est là que la technologie prenait le relais ; les accusés utilisaient l'IA pour imiter la voix, et parfois l'image, des cadres supérieurs.

Pour complexifier l'opération, ils s'apprêtaient également à se faire passer pour des avocats d'un cabinet juridique majeur. Soall, en particulier, utilisait un « script manuscrit intitulé ‘Lawyer Call’ » pour se présenter comme un juriste authentique lors des échanges avec les victimes, selon le bureau du procureur américain.

L'avocat fantôme, une fois crédibilisé, instruisait alors l'employé de transférer d'importantes sommes vers des comptes bancaires répartis à travers le monde. Pour masquer l'origine des fonds, ceux-ci étaient ensuite convertis en cryptomonnaie avant d'être distribués aux trois individus et à d'autres complices.

FBI Assistant Director in Charge James C. Barnacle, Jr. a souligné que ce cas illustre la manière dont la technologie avancée est désormais exploitée pour commettre des fraudes d'une ampleur considérable.

## La coordination de la tromperie numérique

Ce qui est particulièrement troublant, c'est la coordination entre l'usurpation du dirigeant et celle du conseil juridique. Les victimes étaient ainsi guidées par une chaîne de confiance artificielle. Les fonds, une fois virés, devaient suivre un parcours complexe pour devenir difficiles à tracer. D'ailleurs, il est à noter que l'une des défenderesses, Sharon Hazan, avait déjà été condamnée en 2008 pour conspiration en vue d'une fraude bancaire devant un tribunal de New York.

Les accusations portées contre le trio incluent la fraude par télécommunication et le vol d'identité aggravé, en plus du blanchiment d'argent. Si la sentence maximale pour la fraude est de vingt ans, le vol d'identité aggravé est limité à deux ans.

## Les enjeux de l'imitation vocale

Cette affaire met en lumière une réalité que beaucoup commencent à appréhender : le *deepfake* n'est plus une curiosité de laboratoire, mais un outil opérationnel dans la criminalité financière. Les accusés avaient même des surnoms, tels que « Rocky Balboa » ou « Superman Cash », ajoutant une touche étrange à la froideur de leur méthode d'attaque.

Les autorités ont affirmé que, face à la manière dont les criminels « continuent de militariser les technologies émergentes », le FBI adapte constamment ses capacités pour identifier et perturber ces actions. Les trois individus ont été arrêtés entre juin et septembre.

Il faut désormais surveiller comment les régulations nationales réagissent à cette vitesse d'évolution des capacités d'imitation par IA.

## Sources

- [3 Charged in Scheme to Use AI to Impersonate CEOs and Attorneys to Steal $129 Million](https://www.securityweek.com/3-charged-in-scheme-to-use-ai-to-impersonate-ceos-and-attorneys-to-steal-129-million/), SecurityWeek, 6 novembre 2026
- [Authorities accuse trio of using AI deepfakes to defraud $129M from businesses](https://cyberscoop.com/ai-deepfakes-impersonate-ceo-lawyer-defraud-companies/), CyberScoop, 6 novembre 2026
