# Google intente des poursuites contre le botnet BadBox 2.0

_Publié le 2 novembre 2026 — https://ip73.fr/2026/11/02/google-intente-des-poursuites-contre-le-botnet-badbox-2-0/_

Google a déposé une plainte en justice dans un tribunal fédéral de New York contre les auteurs du botnet BadBox 2.0. Ce réseau avait compromis plus de dix millions d'appareils non certifiés fonctionnant sous l'Open Source d'Android, qui, selon blog.google, ne bénéficient pas des protections de sécurité propres à Google. Les cybercriminels utilisaient ces téléviseurs infectés pour mener des campagnes massives de fraude publicitaire et d'autres activités illicites numériques.

L'équipe dédiée à la qualité du trafic publicitaire de Google a identifié cette menace et a rapidement agi. En parallèle, la société a mis à jour Google Play Protect, la protection intégrée d'Android contre les logiciels malveillants, pour bloquer automatiquement les applications liées à BadBox.

Ce recours en justice, explique blog.google, vise à démanteler l'opération criminelle derrière le botnet, coupant ainsi la capacité des acteurs malveillants à commettre d'autres fraudes. L'Agence fédérale des enquêtes (FBI) est également informée de cette activité illicite, et les deux entités coordonnent leurs efforts pour protéger les utilisateurs et les entreprises à l'échelle mondiale.

## Le démantèlement du botnet XCPE

Cette action contre BadBox 2.0 intervient après que Google ait réussi à mettre hors service le botnet XCPE. Selon le Google Threat Intelligence Group, ce dernier avait enrôlé plus de 1,3 million de téléviseurs connectés (set-top boxes) dans son réseau. L'enquête a révélé que ce système était intentionnellement conçu et exploité à des fins lucratives par Videostrong Technology Co, un fabricant d'équipement d'origine Android (OEM).

Videostrong monétisait cette faille en offrant un accès à des affiliés criminels. Ces derniers chargeaient des modules malveillants sur les appareils infectés, les transformant en nœuds de relais résidentiels ou en moteurs de fraude publicitaire. Google a pris des mesures pour perturber les domaines de commande et de contrôle (C2) utilisés par ces modules affiliés, ce qui est estimé pouvoir neutraliser au moins dix millions d'appareils compromis.

## Les conséquences sur l'écosystème Android

L'ampleur de ces attaques souligne une dérive dangereuse dans l'écosystème des appareils Android. Le malware XCPE était intégré au firmware de plusieurs modèles de téléviseurs sur plusieurs années, et il reposait sur une infrastructure dédiée et constamment adaptée pour échapper aux systèmes de détection. Il ne s'agissait clairement pas d'une simple erreur de développement.

Suite à ces découvertes, Google a rompu ses liens avec Videostrong et lui a interdit toute production ou fourniture de logiciels pour des appareils Android certifiés. L'entreprise a également révisé son processus d'examen pour mieux se prémunir contre ce type de manœuvre. Fournir aux utilisateurs des appareils intentionnellement infectés représente une rupture de confiance inacceptable.

En plus des poursuites judiciaires contre BadBox 2.0, les mesures prises pour XCPE incluent le démantèlement des serveurs de contrôle, le bannissement de Videostrong et l'amélioration de l'intégrité du firmware sur les téléviseurs Android certifiés. Il faudra observer comment ces fermetures de portes seront maintenues face à la nature fluide de ces chaînes d'approvisionnement criminelles.

## Sources

- [We’re taking legal action against the BadBox 2.0 botnet.](https://blog.google/innovation-and-ai/technology/safety-security/google-taking-legal-action-against-the-badbox-20-botnet/), blog.google
- [Shutting the Door on the XCPE Botnet](https://cloud.google.com/blog/topics/threat-intelligence/shutting-the-door-on-the-xcpe-botnet/), Google Cloud, 2 novembre 2026

## Crédits photo

- Image en une : [Android TV](https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Android_TV.jpg), par Justin Ormont, [CC BY-SA 3.0](https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0), via Wikimedia Commons (recadrée)
